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Quels sont les risques et complications d’une chirurgie orthognathique ?

La chirurgie orthognathique permet de repositionner une ou deux mâchoires afin d’améliorer l’occlusion dentaire, la mastication, la respiration et l’équilibre du visage.

Comme toute intervention importante réalisée sous anesthésie générale, elle comporte toutefois des risques. Certains sont relativement fréquents mais généralement temporaires, comme le gonflement ou la diminution de la sensibilité. D’autres sont beaucoup plus rares, mais peuvent nécessiter un traitement supplémentaire ou une nouvelle intervention.

Cela ne signifie pas que la chirurgie se passe mal dans la majorité des cas. Il est cependant essentiel de connaître les risques possibles avant de prendre sa décision et de savoir quels symptômes doivent conduire à contacter l’équipe chirurgicale.

Les risques dépendent notamment :

  • de la mâchoire opérée ;
  • du type d’ostéotomie réalisé ;
  • de l’amplitude et de la direction des déplacements osseux ;
  • de l’âge et de l’état de santé du patient ;
  • de la consommation de tabac ou de nicotine ;
  • des antécédents dentaires et articulaires ;
  • de la qualité de la préparation orthodontique ;
  • du respect des consignes postopératoires.

Les chiffres publiés dans les études varient beaucoup selon les interventions étudiées, la définition retenue pour chaque complication et la durée du suivi. Une fréquence observée après une ostéotomie mandibulaire ne peut donc pas être automatiquement appliquée à une ostéotomie maxillaire ou à une chirurgie bimaxillaire.

Quels symptômes sont habituels après l’opération ?

Plusieurs effets postopératoires peuvent être impressionnants sans constituer une véritable complication.

Après une chirurgie des mâchoires, il est fréquent d’observer :

  • un gonflement important du visage ;
  • des bleus ;
  • une fatigue marquée ;
  • une sensation de pression ou d’inconfort ;
  • une diminution de la sensibilité ;
  • une ouverture de bouche limitée ;
  • une difficulté temporaire pour parler, boire ou manger ;
  • un nez bouché après une intervention sur le maxillaire ;
  • une sensation d’occlusion inhabituelle ;
  • une asymétrie temporaire liée à l’œdème.

Ces symptômes doivent progressivement évoluer dans le bon sens. Une aggravation brutale, une douleur qui augmente après une phase d’amélioration ou l’apparition de fièvre doivent en revanche être signalées à l’équipe soignante.

Le saignement est-il un risque important ?

De petites traces de sang dans la salive ou un léger écoulement nasal peuvent survenir pendant les premiers jours, notamment après une ostéotomie du maxillaire.

Une hémorragie importante est beaucoup plus rare, mais elle fait partie des complications possibles, car le visage et les mâchoires sont des zones très vascularisées.

Il faut demander un avis médical rapidement si :

  • du sang rouge coule abondamment ;
  • la bouche se remplit continuellement de sang ;
  • le saignement ne ralentit pas ;
  • le patient devient très pâle, faible ou étourdi ;
  • le saignement s’accompagne d’une difficulté à respirer.

En cas de saignement abondant ou de gêne respiratoire, il faut contacter immédiatement les secours.

Peut-on avoir une infection après une chirurgie des mâchoires ?

Oui, une infection postopératoire est possible. Elle peut concerner une plaie dans la bouche, une zone osseuse, les sinus ou le matériel d’ostéosynthèse.

Une méta-analyse consacrée spécifiquement à l’ostéotomie sagittale bilatérale de la mandibule rapportait une incidence moyenne d’infection d’environ 9,6 % par patient. Ce chiffre ne concerne pas toutes les formes de chirurgie orthognathique et regroupe des infections de gravité variable.[1]

Les signes pouvant évoquer une infection comprennent :

  • une douleur qui augmente après avoir commencé à diminuer ;
  • un gonflement qui repart nettement à la hausse ;
  • une rougeur ou une chaleur localisée ;
  • du pus ou un liquide malodorant ;
  • un mauvais goût persistant dans la bouche ;
  • de la fièvre ;
  • une plaie qui s’ouvre ;
  • une plaque ou une vis qui devient visible ;
  • une fatigue générale inhabituelle.

Selon la situation, le traitement peut comprendre des soins locaux, des antibiotiques, un drainage ou, plus rarement, le retrait d’une plaque.

Une infection ne signifie donc pas automatiquement que le matériel devra être retiré.

La perte de sensibilité peut-elle être définitive ?

La modification de la sensibilité est l’un des effets les plus fréquemment rapportés après une chirurgie mandibulaire.

Le nerf alvéolaire inférieur chemine dans la mandibule et transmet notamment la sensibilité de la lèvre inférieure et du menton. Lors d’une ostéotomie mandibulaire, il peut être étiré, comprimé ou plus rarement lésé.

Au début, le patient peut ressentir :

  • un engourdissement total ou partiel ;
  • une sensation de peau épaisse ;
  • des fourmillements ;
  • des picotements ;
  • des décharges électriques ;
  • des démangeaisons ;
  • une hypersensibilité ;
  • une impression de froid ou de brûlure.

Ces sensations peuvent apparaître au cours de la récupération nerveuse.

Une méta-analyse récente estimait qu’un trouble neurosensoriel était encore rapporté chez environ 21 % des patients à un an après une ostéotomie sagittale mandibulaire. Ce résultat doit cependant être interprété avec prudence : les études utilisaient des méthodes différentes et regroupaient des troubles d’intensité très variable, d’une légère sensation différente à un déficit plus gênant.[2]

Cela ne signifie donc pas qu’un patient sur cinq conserve une anesthésie complète ou une séquelle très invalidante.

La récupération peut se poursuivre pendant plusieurs mois, parfois au-delà d’un an. Le risque individuel dépend notamment de l’âge, de l’anatomie du nerf, de l’importance du déplacement mandibulaire et des constatations réalisées pendant l’intervention.

La langue peut-elle également rester engourdie ?

Une modification de la sensibilité de la langue est possible, mais elle semble beaucoup plus rare que celle de la lèvre inférieure et du menton après une ostéotomie mandibulaire.

Une méta-analyse publiée en 2024 estimait la prévalence regroupée des troubles sensitifs du nerf lingual à environ 0,1 % après une ostéotomie sagittale bilatérale de la mandibule.[3]

Il est important de distinguer :

  • la sensibilité de la lèvre et du menton, transmise principalement par le nerf alvéolaire inférieur ;
  • la sensibilité générale de la langue, qui dépend notamment du nerf lingual ;
  • les modifications temporaires de la mobilité ou de la perception de la langue liées au gonflement et à l’immobilité.

Une langue soudainement très douloureuse, fortement gonflée ou présentant une modification importante et nouvelle doit être examinée.

Peut-on avoir un problème d’occlusion après l’opération ?

Juste après l’intervention, il est fréquent que l’occlusion ne semble pas encore naturelle.

Le gonflement, les tensions musculaires, les élastiques et la poursuite du traitement orthodontique peuvent encore modifier la manière dont les dents se rencontrent.

Une sensation d’occlusion imparfaite ne signifie donc pas nécessairement que l’intervention a échoué.

Il faut néanmoins contacter l’équipe si :

  • les dents ne se touchent que sur un point très marqué ;
  • la mâchoire dévie progressivement ;
  • l’occlusion semblait correcte puis change brutalement ;
  • il devient impossible de fermer la bouche ;
  • une mobilité anormale est ressentie ;
  • une douleur articulaire importante apparaît ;
  • les élastiques ne peuvent plus être portés comme prévu.

Le traitement peut reposer sur une modification des élastiques, un ajustement orthodontique, une gouttière ou, beaucoup plus rarement, une nouvelle intervention.

Les os peuvent-ils mal consolider ?

Les segments osseux repositionnés sont maintenus par des plaques et des vis pendant leur consolidation.

Les complications osseuses possibles comprennent :

  • un retard de consolidation ;
  • une absence de consolidation ;
  • une consolidation dans une position défavorable ;
  • une mobilité anormale d’un segment osseux ;
  • une infection osseuse ;
  • une fracture défavorable survenue pendant l’ostéotomie, parfois appelée « bad split ».

Ces complications sont inhabituelles, mais elles peuvent nécessiter une surveillance prolongée, une immobilisation, une greffe osseuse ou une nouvelle fixation.

Le risque peut être favorisé par :

  • le tabac et la nicotine ;
  • une infection ;
  • certaines maladies générales ;
  • une mauvaise qualité osseuse ;
  • des contraintes mécaniques trop précoces ;
  • la reprise prématurée de la mastication.

Il est donc essentiel de respecter les textures alimentaires autorisées par le chirurgien, même lorsque la douleur a déjà diminué. L’absence de douleur ne signifie pas que l’os est entièrement consolidé.

Qu’est-ce qu’une récidive après une chirurgie orthognathique ?

Une récidive correspond à une perte partielle du résultat squelettique ou occlusal obtenu grâce à l’intervention.

Elle peut être visible sur des examens radiographiques sans nécessairement être perceptible par le patient. Une petite variation mesurée ne signifie donc pas automatiquement qu’une nouvelle intervention sera nécessaire.

Le risque de récidive dépend notamment :

  • de la déformation initiale ;
  • du mouvement chirurgical réalisé ;
  • de l’amplitude du déplacement ;
  • de la stabilité des articulations temporo-mandibulaires ;
  • de la préparation orthodontique ;
  • de la technique chirurgicale ;
  • de la consolidation osseuse ;
  • de la position de la langue ;
  • des fonctions musculaires ;
  • du port des élastiques et de la contention.

Une récidive devient problématique lorsqu’elle entraîne une altération durable de l’occlusion, de la fonction, de la respiration ou de l’équilibre du visage.

Pour approfondir la question spécifique de la stabilité du résultat et du risque de récidive, consultez notre article rédigé par le Dr Jean-Luc Pruvost et le Dr Éric Solyom : Y a-t-il un risque de récidive après une chirurgie des mâchoires ?

La chirurgie peut-elle provoquer ou aggraver un problème d’ATM ?

La chirurgie orthognathique modifie les contraintes exercées sur les articulations temporo-mandibulaires, situées devant les oreilles.

Son effet reste difficile à prévoir pour un patient donné.

Les études montrent que :

  • de nombreux patients présentant déjà des symptômes peuvent s’améliorer ;
  • certains ne constatent pas de changement ;
  • une minorité de patients auparavant asymptomatiques peut développer de nouveaux symptômes.

La chirurgie orthognathique ne doit donc pas être présentée comme un traitement garanti des douleurs ou dysfonctionnements de l’ATM.[4]

Les symptômes à signaler comprennent :

  • une douleur persistante devant l’oreille ;
  • des claquements nouveaux et douloureux ;
  • un blocage de la mâchoire ;
  • une diminution progressive de l’ouverture ;
  • une déviation importante à l’ouverture ;
  • une modification durable de l’occlusion.

Un trouble articulaire préexistant peut nécessiter une évaluation spécifique avant l’opération.

Les dents peuvent-elles être abîmées ?

Des complications dentaires sont possibles, même si elles restent relativement rares.

Elles peuvent comprendre :

  • une sensibilité prolongée ;
  • une mobilité temporaire ;
  • une atteinte d’une racine ;
  • une perte de vitalité ;
  • une modification de la couleur d’une dent ;
  • un problème de gencive ou d’os autour d’une dent ;
  • plus rarement, la perte d’une dent.

Le risque dépend notamment de la proximité entre les traits d’ostéotomie et les racines, de l’état des dents avant l’intervention et des gestes réalisés.

Une dent qui devient très douloureuse, change de couleur, présente une mobilité croissante ou développe une infection doit être examinée par le chirurgien et le dentiste.

Peut-on avoir des complications au niveau du nez ou des sinus ?

Après une ostéotomie du maxillaire, il est fréquent d’avoir :

  • le nez bouché ;
  • de petites traces de sang ;
  • des croûtes ;
  • une respiration nasale difficile ;
  • une modification temporaire de la voix.

Les complications possibles comprennent notamment :

  • une sinusite ;
  • un saignement nasal important ;
  • une gêne respiratoire persistante ;
  • une modification gênante de la cloison nasale ;
  • une communication anormale avec une cavité sinusienne.

Les consignes concernant le mouchage, les éternuements et les lavages de nez varient selon les équipes. Les instructions données par le chirurgien doivent toujours primer.

Les plaques et les vis peuvent-elles poser problème ?

Les plaques et les vis servent à stabiliser les os pendant leur consolidation. Elles peuvent généralement rester en place lorsqu’elles ne provoquent ni douleur, ni infection, ni exposition.

Une ancienne méta-analyse portant sur l’ostéotomie sagittale mandibulaire rapportait environ 11,2 % de retraits du matériel toutes causes confondues.[1]

Une méta-analyse plus récente estimait en revanche à environ 1,9 % la proportion de patients nécessitant un retrait du matériel spécifiquement en raison d’une infection après une ostéotomie sagittale mandibulaire.[5]

Ces chiffres ne mesurent donc pas la même chose.

Le retrait peut être envisagé en cas de :

  • douleur persistante ;
  • infection ;
  • exposition de la plaque dans la bouche ;
  • gêne sous la peau ;
  • problème sinusien ;
  • mobilité ou rupture du matériel ;
  • demande particulière discutée avec le chirurgien.

Peut-on devoir être réopéré ?

Une nouvelle intervention peut parfois être nécessaire, mais cela reste minoritaire.

Elle peut être proposée pour :

  • traiter une infection ;
  • retirer du matériel gênant ou infecté ;
  • corriger une mauvaise consolidation ;
  • repositionner un segment osseux ;
  • traiter une récidive importante ;
  • corriger une occlusion qui ne peut pas être stabilisée orthodontiquement ;
  • effectuer une retouche fonctionnelle ou esthétique.

Une réintervention ne signifie pas automatiquement que la première chirurgie a été « ratée ».

Une complication connue peut survenir malgré une intervention correctement réalisée et un suivi adapté. La distinction entre complication, aléa thérapeutique et erreur médicale nécessite une analyse individuelle du dossier.

Quels signes doivent faire contacter rapidement le chirurgien ?

Il est nécessaire de contacter l’équipe chirurgicale en cas de :

  • douleur qui augmente brutalement ;
  • gonflement qui repart à la hausse après avoir diminué ;
  • fièvre ;
  • écoulement purulent ou malodorant ;
  • mauvais goût persistant accompagné d’autres symptômes ;
  • impossibilité de boire suffisamment ;
  • vomissements répétés ;
  • changement brutal de l’occlusion ;
  • mobilité anormale d’un segment de mâchoire ;
  • plaque ou vis visible ;
  • asymétrie qui apparaît ou s’aggrave brutalement ;
  • état général qui se dégrade.

Quand faut-il appeler immédiatement les secours ?

Il faut appeler le 15 ou le 112 en cas de :

  • difficulté respiratoire ;
  • gonflement rapide de la bouche, de la langue ou du cou ;
  • saignement abondant impossible à contrôler ;
  • malaise sévère ou perte de connaissance ;
  • confusion importante ;
  • trouble visuel brutal ;
  • douleur thoracique ;
  • détresse inhabituelle ou aggravation rapide de l’état général.

Dans ces situations, il ne faut pas attendre une réponse dans un groupe de patients ou sur les réseaux sociaux.

Comment réduire les risques de complications ?

Il n’est pas possible de supprimer tous les risques. Plusieurs mesures peuvent néanmoins contribuer à les limiter.

Avant l’intervention

  • Arrêter le tabac et la nicotine selon les recommandations médicales.
  • Signaler tous les traitements, compléments et antécédents.
  • Traiter les infections dentaires et les problèmes de gencives.
  • Respecter les examens préopératoires.
  • Choisir une équipe expérimentée et correctement coordonnée.
  • Poser des questions sur les risques propres à l’intervention prévue.
  • Préparer son alimentation, son logement et son retour à domicile.

Après l’intervention

  • Suivre précisément les prescriptions.
  • Respecter les textures alimentaires autorisées.
  • Maintenir une hygiène bucco-dentaire adaptée.
  • Ne pas reprendre trop tôt la mastication ou les efforts physiques.
  • Ne pas modifier seul les élastiques.
  • Se présenter aux consultations de contrôle.
  • Signaler rapidement toute évolution anormale.
  • Éviter le tabac, le vapotage et l’alcool pendant la cicatrisation.

Quelles questions poser au chirurgien avant l’opération ?

Lors de la consultation, il peut être utile de demander :

  • Quelle intervention est prévue exactement ?
  • Quels risques sont spécifiques à mon cas ?
  • Quel est mon risque personnel de perte de sensibilité ?
  • Un bilan de mes articulations est-il nécessaire ?
  • Quels symptômes doivent me conduire à vous contacter ?
  • Qui dois-je appeler la nuit ou le week-end ?
  • Quel est votre protocole en cas d’infection ?
  • Dans quelles situations retirez-vous les plaques ?
  • Combien de temps dois-je éviter de mâcher ?
  • Existe-t-il un risque particulier pour certaines dents ?
  • Quelle est la probabilité d’une réintervention dans mon cas ?
  • Comment l’orthodontiste et le chirurgien coordonnent-ils le suivi ?

Le consentement ne doit pas être une simple signature. Le patient doit pouvoir comprendre les bénéfices attendus, les alternatives possibles, les risques fréquents, les risques graves même rares et les conséquences d’un refus de traitement.

La chirurgie orthognathique est-elle dangereuse ?

La chirurgie orthognathique est une intervention majeure qui ne doit pas être banalisée. Elle comporte de vrais risques et impose une convalescence exigeante.

Cela ne signifie pas qu’elle soit anormalement dangereuse lorsqu’elle est réalisée pour une indication justifiée, après une préparation complète et par une équipe expérimentée.

La décision repose sur un équilibre individuel entre :

  • les bénéfices fonctionnels attendus ;
  • l’amélioration possible de la qualité de vie ;
  • les contraintes du traitement orthodontique ;
  • la durée de la récupération ;
  • les risques propres au patient et à l’intervention.

La bonne question n’est donc pas seulement :

« Est-ce que cette opération comporte des risques ? »

mais plutôt :

« Quels bénéfices puis-je raisonnablement en attendre, quels sont les risques propres à mon cas et comment seront-ils prévenus et pris en charge ? »

Questions fréquentes

Quelle est la complication la plus fréquente ?

Cela dépend de l’intervention. Après une ostéotomie mandibulaire, la modification de la sensibilité de la lèvre inférieure et du menton fait partie des effets les plus fréquemment rapportés. Elle est souvent temporaire, mais peut persister chez certains patients.

Est-ce que tout le monde perd la sensibilité après une chirurgie mandibulaire ?

Une modification de la sensibilité est très fréquente juste après l’intervention, mais son intensité, sa durée et son retentissement varient considérablement.

Une infection signifie-t-elle qu’il faut retirer les plaques ?

Non. Certaines infections peuvent être traitées par des soins locaux, des antibiotiques ou un drainage sans retirer le matériel. Le retrait est surtout envisagé si la plaque est exposée, mobile, directement impliquée ou si l’infection persiste.

Comment savoir si mon gonflement est normal ?

Un gonflement important pendant les premiers jours est habituel. Il doit ensuite commencer à diminuer. Un gonflement qui réaugmente nettement, devient très douloureux, chaud ou rouge, ou s’accompagne de fièvre doit être signalé.

Peut-on éviter complètement une récidive ?

Aucun résultat ne peut être garanti à 100 %. Une préparation rigoureuse, une bonne coordination entre l’orthodontiste et le chirurgien, une consolidation correcte et le respect des élastiques et de la contention contribuent toutefois à la stabilité.

Une complication signifie-t-elle que le chirurgien a commis une erreur ?

Non. Une complication peut survenir malgré une intervention correctement réalisée. La distinction entre complication connue, aléa thérapeutique et erreur nécessite l’analyse précise du dossier médical.

À retenir

La plupart des patients connaissent des suites postopératoires attendues plutôt qu’une complication grave.

Les principaux points à retenir sont :

  • le gonflement, la fatigue et une modification temporaire de la sensibilité sont fréquents ;
  • les risques diffèrent selon la mâchoire et l’intervention ;
  • les chiffres publiés ne peuvent pas être appliqués de la même manière à tous les patients ;
  • une aggravation après une phase d’amélioration doit être signalée ;
  • les difficultés respiratoires, les saignements abondants et les troubles visuels constituent des urgences ;
  • le chirurgien reste la seule personne capable d’évaluer précisément le rapport entre les bénéfices et les risques dans un cas individuel.

Ce contenu fournit des informations générales et ne remplace pas les explications, les consignes ni le suivi de votre chirurgien, de votre orthodontiste ou de votre équipe soignante.

Références scientifiques

[1] Verweij JP, Houppermans PN, Gooris P, Mensink G, van Merkesteyn JP. Risk factors for common complications associated with bilateral sagittal split osteotomy: a literature review and meta-analysis. Journal of Cranio-Maxillo-Facial Surgery, 2016. PMID : 27527679.

[2] Bertagna AE, Van der Cruyssen F, Miloro M. Persistent Neurosensory Disturbance Following Sagittal Split Osteotomy: A Systematic Review and Meta-Analysis of One-Year Outcomes and Risk Factors. Journal of Oral and Maxillofacial Surgery, 2026. PMID : 40983111.

[3] Kostares E, Kostares M, Kostare G, Kantzanou M. Prevalence of lingual sensory impairment following bilateral sagittal split osteotomy: a systematic review and meta-analysis. Oral and Maxillofacial Surgery, 2024. PMID : 38622272.

[4] Al-Moraissi EA, Wolford LM, Perez D, Laskin DM, Ellis E 3rd. Does Orthognathic Surgery Cause or Cure Temporomandibular Disorders? A Systematic Review and Meta-Analysis. Journal of Oral and Maxillofacial Surgery, 2017. PMID : 28419845.

[5] Kantzanou M, Kostares E, Koumaki V, Kostare G, Kostares M, Tsakris A. Prevalence of Osteosynthesis Hardware Removal Due to Surgical Site Infections Following Sagittal Split Osteotomy: A Systematic Review and Meta-Analysis. Journal of Clinical Medicine, 2025. PMID : 40429555.

Ce sujet fait partie du dossier Risques et complications d'une chirurgie des mâchoires.