Accueil / Parler après une chirurgie des mâchoires : articulation, voix et difficultés à se faire comprendre

Après une chirurgie orthognathique, parler peut devenir temporairement difficile.

Certains patients ont l'impression :

  • d'articuler moins clairement ;
  • de parler « avec quelque chose dans la bouche » ;
  • d'avoir une voix différente ;
  • de ne plus réussir à prononcer certains sons ;
  • de fatiguer rapidement lorsqu'ils parlent ;
  • de saliver davantage ;
  • de parler du nez ;
  • de devoir répéter leurs phrases ;
  • de ne plus reconnaître leur manière de parler.

Ces difficultés sont généralement liées au gonflement, à la diminution de sensibilité, aux élastiques, à la faible ouverture de bouche et à l'adaptation des lèvres et de la langue à la nouvelle position des mâchoires.

À plus long terme, la chirurgie peut modifier certains paramètres de l'articulation et de la résonance. Les études montrent toutefois que l'intelligibilité globale reste souvent stable et que les modifications de la voix sont généralement faibles ou peu perceptibles par le patient.

Pourquoi est-il difficile de parler après l'opération ?

La parole nécessite une coordination précise entre :

  • les lèvres ;
  • la langue ;
  • les dents ;
  • le palais ;
  • les joues ;
  • la mandibule ;
  • le souffle ;
  • le nez et les cavités de résonance.

Après l'intervention, plusieurs de ces éléments fonctionnent temporairement différemment.

La parole peut être perturbée par :

  • le gonflement des lèvres, des joues ou de la langue ;
  • la diminution de la sensibilité ;
  • les cicatrices internes ;
  • les fils ;
  • les élastiques ;
  • une gouttière ;
  • une ouverture de bouche limitée ;
  • le nez bouché ;
  • une salive plus épaisse ;
  • la douleur ;
  • la fatigue ;
  • la peur de bouger.

Le patient peut savoir exactement quel son il souhaite produire sans réussir à placer correctement ses lèvres ou sa langue.

Est-il normal de parler très peu les premiers jours ?

Oui.

Pendant les premiers jours, parler peut demander beaucoup d'efforts et augmenter :

  • la fatigue ;
  • la sécheresse de la bouche ;
  • les tensions musculaires ;
  • la douleur ;
  • la sensation de tiraillement.

Il n'est généralement pas nécessaire de rester totalement silencieux, sauf consigne particulière. Il est cependant préférable de parler par phrases courtes, lentement et sans forcer.

Les messages écrits, le téléphone ou les gestes peuvent compléter la communication lorsque la parole devient trop fatigante.

Les élastiques empêchent-ils de parler ?

Ils peuvent fortement limiter la parole, mais ils ne rendent pas toujours toute communication impossible.

Les élastiques peuvent :

  • réduire l'ouverture mandibulaire ;
  • limiter le mouvement des lèvres ;
  • modifier la position de repos de la langue ;
  • rendre certains sons moins nets ;
  • augmenter la fatigue.

Le degré de difficulté dépend de leur nombre, de leur tension et du schéma utilisé.

Ne retirez pas les élastiques pour parler, sauf si le chirurgien vous a expressément autorisé à les retirer à certains moments.

Une gouttière peut-elle modifier la parole ?

Oui.

Une gouttière chirurgicale peut :

  • prendre de la place dans la bouche ;
  • modifier les contacts de la langue ;
  • gêner certains sons ;
  • augmenter la salivation ;
  • donner une impression de parole pâteuse.

La parole devient souvent plus facile à mesure que le patient s'habitue au dispositif.

Une gêne importante ne justifie pas de retirer ou de modifier soi-même la gouttière.

Pourquoi ma voix semble-t-elle différente ?

La sensation de voix différente peut venir de plusieurs facteurs :

  • nez bouché ;
  • respiration par la bouche ;
  • gonflement des fosses nasales ;
  • bouche sèche ;
  • fatigue ;
  • irritation après l'intubation ;
  • changement de la position des mâchoires ;
  • modification de la forme des cavités buccale et pharyngée.

La voix peut paraître :

  • plus nasale ;
  • plus sourde ;
  • plus faible ;
  • plus grave ou plus aiguë ;
  • moins résonnante ;
  • moins stable.

Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2023 conclut que la chirurgie orthognathique semble avoir peu ou pas d'effet global sur les caractéristiques vocales mesurées lors de la production des voyelles. Les résultats restent néanmoins difficiles à interpréter en raison de la diversité des interventions et des méthodes d'évaluation (source).

Ma voix va-t-elle changer définitivement ?

Une modification durable importante de la voix ne semble pas être la situation habituelle.

Des changements acoustiques mesurables peuvent être observés dans certaines études, notamment au niveau des fréquences de résonance des voyelles. Cela ne signifie pas que le patient ou son entourage perçoive une voix réellement différente.

Dans une étude prospective de 29 patients, une légère modification de la résonance vocale a été mesurée après chirurgie, mais elle n'était généralement pas perçue subjectivement par les patients (source).

Il faut également distinguer :

  • la voix produite par les cordes vocales ;
  • la résonance créée dans la bouche, le nez et le pharynx ;
  • l'articulation des sons.

La chirurgie des mâchoires agit surtout sur les deux derniers éléments.

Pourquoi ai-je l'impression de parler du nez ?

Une voix peut sembler plus nasale ou, au contraire, plus bouchée.

Une voix hyponasale

Elle donne l'impression d'un nez obstrué.

Elle peut être liée à :

  • l'œdème nasal ;
  • des croûtes ;
  • du sang séché ;
  • des sécrétions ;
  • une respiration principalement buccale.

Une voix hypernasale

Une quantité excessive d'air résonne dans le nez pendant certains sons.

Chez les patients sans fente palatine ni trouble vélopharyngé connu, une modification importante et durable de la nasalité n'est pas attendue dans la majorité des cas. Les études montrent toutefois une grande variabilité individuelle.

Les patients présentant une fente palatine ou une insuffisance vélopharyngée constituent une situation particulière : plusieurs travaux menés spécifiquement sur cette population suggèrent qu'une avancée du maxillaire peut augmenter le risque d'hypernasalité et nécessite une évaluation spécialisée. Précision : une référence initialement citée sur ce point précis (une étude sur la résonance de la parole chez des patients porteurs d'une fente labio-palatine) n'a pas pu être retrouvée ni confirmée avec certitude malgré plusieurs tentatives de vérification ; elle n'est donc plus citée nommément. Si vous êtes concerné par une fente palatine, ce point doit être discuté directement avec votre chirurgien et, le cas échéant, un orthophoniste spécialisé en fentes labio-palatines.

Quels sons sont les plus difficiles après une chirurgie des mâchoires ?

Les sons les plus sensibles aux modifications dentaires et squelettiques sont souvent les consonnes nécessitant un placement précis de la langue ou un passage d'air étroit.

Cela concerne notamment :

  • « s » ;
  • « z » ;
  • « ch » ;
  • « j » ;
  • « t » ;
  • « d » ;
  • « f » ;
  • « v » ;
  • « p » ;
  • « b » ;
  • « m ».

Les études consacrées aux malocclusions et à la chirurgie orthognathique retrouvent fréquemment des distorsions des sons sifflants, notamment « s » et « z », avant l'opération.

Après l'intervention, ces sons peuvent temporairement être moins nets pendant la phase d'adaptation.

Pourquoi le « s » est-il souvent difficile à prononcer ?

Le son « s » demande :

  • une position précise de la langue ;
  • un contact adapté entre les dents ;
  • un passage d'air étroit ;
  • une bonne coordination des lèvres et de la mandibule.

Une modification de la position des incisives ou des mâchoires change les repères habituels.

Le patient peut continuer à utiliser l'ancien placement de la langue alors que l'espace disponible a changé.

Des analyses acoustiques montrent que l'articulation du « s » peut s'améliorer après correction chirurgicale, notamment chez des patients porteurs d'une malocclusion de classe III, mais les résultats restent variables selon les patients (source).

La chirurgie peut-elle améliorer un défaut d'articulation ancien ?

Oui, chez certains patients.

Une malocclusion importante peut obliger la langue et les lèvres à compenser la position des dents et des mâchoires. Après correction, certains défauts articulatoires diminuent spontanément.

Une étude prospective de 25 patients présentant une classe III a observé une diminution progressive des erreurs d'articulation, avec une amélioration marquée entre 6 et 9 mois après l'intervention. L'intelligibilité globale n'avait cependant pas été significativement modifiée (source).

Des travaux plus anciens avaient également constaté une amélioration spontanée de nombreuses erreurs articulatoires après chirurgie, sans rééducation systématique, notamment une élimination progressive des erreurs préopératoires autour du 3ᵉ mois suivi d'une légère réapparition de certaines erreurs sur les sons « s » et « z » à 12 mois (source).

La chirurgie n'est néanmoins pas un traitement garanti de tous les troubles de la parole.

Un défaut de prononciation peut-il persister après la chirurgie ?

Oui.

Un trouble peut persister lorsque :

  • le patient utilise depuis longtemps une compensation articulatoire ;
  • la langue conserve son ancien placement ;
  • une rééducation n'a pas été réalisée ;
  • il existe un trouble indépendant de la malocclusion ;
  • les dents ne sont pas encore dans leur position orthodontique finale ;
  • la sensibilité reste diminuée ;
  • une limitation de mobilité persiste.

Une revue portant sur la production de la parole avant et après chirurgie orthognathique a retrouvé peu de modification de l'articulation chez plusieurs patients, ce qui montre que la correction osseuse ne suffit pas toujours à modifier les habitudes de parole (source).

Combien de temps faut-il pour reparler clairement ?

La récupération initiale dépend surtout de la diminution :

  • du gonflement ;
  • de la douleur ;
  • de la congestion nasale ;
  • de la limitation de l'ouverture ;
  • de la présence des dispositifs.

Une amélioration importante peut survenir pendant les premières semaines.

L'adaptation fine de l'articulation peut se poursuivre plusieurs mois, surtout lorsque les mouvements osseux ont modifié les repères de la langue et des lèvres.

Les études à moyen et long terme évaluent souvent la parole à trois, six, neuf, douze ou dix-huit mois, ce qui montre que l'analyse définitive ne doit pas être réalisée pendant la phase postopératoire précoce (source).

Est-il normal de devoir répéter ce que l'on dit ?

Oui, particulièrement lorsque :

  • les lèvres bougent peu ;
  • les élastiques sont serrés ;
  • la voix est faible ;
  • le nez est bouché ;
  • la personne parle trop vite ;
  • l'entourage n'est pas habitué à sa nouvelle articulation.

Pour faciliter la communication :

  • parlez lentement ;
  • faites des phrases courtes ;
  • placez-vous face à votre interlocuteur ;
  • évitez de parler dans une pièce bruyante ;
  • articulez sans exagérer les mouvements ;
  • faites des pauses ;
  • utilisez l'écrit lorsque nécessaire.

Il ne faut pas chercher à parler plus fort en forçant sur la gorge.

Pourquoi parler fatigue-t-il autant ?

Parler mobilise des muscles fragilisés et encore peu coordonnés.

La fatigue peut aussi être favorisée par :

  • le manque de sommeil ;
  • une alimentation réduite ;
  • les médicaments ;
  • la déshydratation ;
  • la respiration buccale ;
  • la douleur ;
  • la concentration nécessaire pour articuler.

Une fatigue rapide est donc fréquente au début.

Elle doit progressivement diminuer.

Une aggravation, un essoufflement inhabituel ou une voix très faible persistante doivent être signalés.

La salive peut-elle gêner la parole ?

Oui.

La salive peut être :

  • plus abondante ;
  • plus épaisse ;
  • plus difficile à avaler ;
  • moins bien perçue lorsque les lèvres sont engourdies.

Elle peut provoquer :

  • une parole humide ;
  • des interruptions ;
  • une difficulté à prononcer certaines consonnes ;
  • des écoulements ;
  • une sensation de bouche encombrée.

Hydratez-vous selon les consignes et gardez une compresse propre à proximité.

Une difficulté importante à avaler sa salive, associée à une toux, un étouffement ou une gêne respiratoire, doit être évaluée.

Pourquoi certains sons sortent-ils avec de l'air ou de la salive ?

Le passage d'air peut être moins bien contrôlé lorsque :

  • les lèvres ferment mal ;
  • la langue est engourdie ;
  • les incisives ont changé de position ;
  • les commissures sont gonflées ;
  • la bouche s'ouvre peu.

Les sons « p », « b », « f », « v », « s » et « z » peuvent alors être accompagnés d'un souffle ou de petites projections de salive.

Cela s'améliore généralement avec le retour de la mobilité et de la sensibilité.

L'engourdissement peut-il modifier la parole ?

Oui.

La sensibilité permet de savoir où se trouvent :

  • les lèvres ;
  • la langue ;
  • les dents ;
  • le menton ;
  • les aliments ;
  • la salive.

Lorsqu'elle est diminuée, le patient doit davantage contrôler les mouvements avec la vue et la concentration.

Il peut :

  • mal positionner une lèvre ;
  • ne pas sentir une fuite de salive ;
  • toucher les dents différemment avec la langue ;
  • articuler de manière moins précise.

Le retour de la sensibilité n'est toutefois pas indispensable à une parole intelligible : le cerveau peut développer de nouvelles stratégies de contrôle.

Les fils et les cicatrices internes peuvent-ils gêner ?

Oui.

Ils peuvent provoquer :

  • une tension ;
  • une sensation de corps étranger ;
  • une peur de bouger ;
  • une gêne de la langue ;
  • un tiraillement des lèvres ;
  • une articulation moins naturelle.

La gêne diminue généralement avec la cicatrisation et la résorption ou le retrait des fils.

Il ne faut pas tirer sur les fils avec la langue ou les doigts.

Est-il possible de parler normalement avec une faible ouverture de bouche ?

Une parole compréhensible ne nécessite pas une très grande ouverture.

La majorité des sons sont produits avec des mouvements relativement modestes.

Cependant, une ouverture très réduite peut :

  • limiter l'amplitude de la langue ;
  • rendre les voyelles moins distinctes ;
  • diminuer la projection de la voix ;
  • accentuer l'impression de parole étouffée.

La récupération de la mobilité mandibulaire facilite généralement la parole.

Faut-il s'entraîner à parler ?

Parler progressivement dans la vie quotidienne suffit souvent au début.

Une reprise peut se faire par étapes :

  1. quelques mots ;
  2. phrases courtes ;
  3. lecture à voix haute pendant une courte durée ;
  4. conversation calme ;
  5. reprise progressive des appels ou réunions.

Il ne faut pas transformer la parole en exercice intensif si elle provoque :

  • une douleur ;
  • une fatigue importante ;
  • un regonflement ;
  • une tension prolongée ;
  • une irritation de la gorge.

Peut-on lire à voix haute pour récupérer ?

Cela peut être utile lorsque la parole est autorisée et suffisamment confortable.

La lecture permet de travailler :

  • le rythme ;
  • l'articulation ;
  • le souffle ;
  • l'intensité ;
  • la coordination.

Commencez par quelques minutes.

Arrêtez si :

  • la voix devient rauque ;
  • la douleur augmente ;
  • la bouche se dessèche fortement ;
  • les lèvres tirent ;
  • la parole devient moins nette avec la fatigue.

Faut-il exagérer l'articulation ?

Pas fortement.

Exagérer les mouvements peut augmenter :

  • la tension des lèvres ;
  • la fatigue ;
  • la douleur ;
  • la mise en tension des cicatrices.

Il vaut mieux parler :

  • lentement ;
  • clairement ;
  • avec des mouvements confortables ;
  • sans chercher une amplitude maximale.

Un orthophoniste peut montrer les placements utiles lorsque certains sons restent difficiles.

Peut-on reprendre le téléphone rapidement ?

Oui, lorsque la fatigue et la compréhension le permettent.

Les appels sont parfois plus difficiles que les conversations en face à face, car l'interlocuteur ne peut pas lire sur les lèvres ni voir les expressions.

Privilégiez :

  • des appels courts ;
  • un environnement silencieux ;
  • des écouteurs si cela évite une mauvaise posture ;
  • les messages écrits pour les informations importantes.

Une longue conversation peut être beaucoup plus fatigante qu'elle ne le paraît.

Quand reprendre les réunions, cours ou prises de parole ?

Cela dépend :

  • de la clarté de la parole ;
  • de la fatigue ;
  • du gonflement ;
  • de la douleur ;
  • du type d'activité ;
  • de la nécessité de parler longtemps ;
  • de la possibilité de faire des pauses.

Une personne travaillant seule devant un ordinateur ne rencontre pas les mêmes contraintes qu'un enseignant, un commercial, un avocat ou un professionnel de santé.

Avant une reprise nécessitant beaucoup de parole, testez progressivement :

  • dix minutes de conversation ;
  • un appel ;
  • une lecture ;
  • une réunion courte.

La voix peut-elle rester rauque après l'intubation ?

Une voix rauque est fréquente après une anesthésie avec intubation.

Elle peut être liée à :

  • l'irritation du larynx ;
  • la sécheresse ;
  • la toux ;
  • la respiration buccale ;
  • le passage du tube.

Elle doit généralement s'améliorer progressivement.

Consultez si l'enrouement :

  • persiste sans amélioration ;
  • s'accompagne d'une douleur importante ;
  • provoque une gêne respiratoire ;
  • rend la déglutition difficile ;
  • entraîne une disparition presque complète de la voix.

Une difficulté respiratoire impose une prise en charge urgente.

Peut-on chuchoter pour ménager sa voix ?

Le chuchotement n'est pas toujours plus reposant pour le larynx.

Il peut entraîner une tension importante lorsqu'il est forcé.

Il est préférable d'utiliser :

  • une voix douce ;
  • une intensité confortable ;
  • des phrases courtes ;
  • des pauses régulières.

Évitez de parler dans le bruit, car cela pousse à augmenter inconsciemment l'intensité.

Quand consulter un orthophoniste ?

Un avis peut être utile si :

  • certains sons restent difficiles après la phase initiale ;
  • la parole demeure peu intelligible ;
  • un défaut préopératoire persiste ;
  • la langue conserve une position inadaptée ;
  • la fermeture des lèvres est difficile ;
  • la déglutition est perturbée ;
  • la voix reste très nasale ;
  • la reprise professionnelle est compliquée ;
  • le patient développe des compensations importantes.

L'orthophoniste peut évaluer :

  • l'articulation ;
  • la mobilité des lèvres et de la langue ;
  • la nasalité ;
  • la déglutition ;
  • le souffle ;
  • l'intelligibilité ;
  • la voix.

Il doit connaître le type d'intervention et les restrictions données par le chirurgien.

Faut-il consulter avant l'opération ?

Cela peut être utile lorsqu'il existe déjà :

  • un trouble d'articulation ;
  • une voix très nasale ;
  • une fente palatine ;
  • une posture linguale atypique ;
  • un trouble de la déglutition ;
  • une activité professionnelle reposant fortement sur la voix ;
  • une inquiétude importante concernant la parole.

Une évaluation préopératoire permet de distinguer les difficultés anciennes de celles apparues après la chirurgie.

Kinésithérapeute ou orthophoniste ?

Les rôles peuvent se compléter.

Le kinésithérapeute travaille surtout sur :

  • l'ouverture de bouche ;
  • les muscles ;
  • les cicatrices ;
  • la mobilité du visage ;
  • les tensions cervicales ;
  • les articulations.

L'orthophoniste travaille surtout sur :

  • l'articulation ;
  • la parole ;
  • la déglutition ;
  • la langue ;
  • la fermeture labiale ;
  • la voix et la résonance ;
  • les fonctions oro-myo-faciales.

Le choix dépend du problème principal.

Une chirurgie peut-elle créer un bégaiement ?

Le bégaiement n'est pas une conséquence habituelle directe de la chirurgie orthognathique.

Une parole hésitante peut toutefois apparaître temporairement en raison :

  • de la difficulté à articuler ;
  • de la peur de mal prononcer ;
  • de la fatigue ;
  • du stress ;
  • de la nécessité de contrôler consciemment chaque mouvement.

Un véritable bégaiement nouveau, persistant ou accompagné de signes neurologiques doit être évalué.

Pourquoi ma parole semble-t-elle différente alors que les autres ne remarquent rien ?

Le patient perçoit sa voix à la fois :

  • par l'air ;
  • par les vibrations transmises à travers les os du crâne.

Une modification des mâchoires, de la congestion ou de la résonance peut donc changer la perception interne sans que l'entourage entende une différence nette.

Les études montrent que certains changements acoustiques peuvent être mesurés sans être subjectivement perçus comme une transformation importante de la voix (source).

Quand faut-il recontacter le chirurgien ?

Contactez l'équipe si :

  • la parole se dégrade brutalement ;
  • la langue gonfle rapidement ;
  • la difficulté à parler s'accompagne d'une difficulté respiratoire ;
  • une faiblesse du visage apparaît ;
  • la déglutition devient très difficile ;
  • la voix devient presque absente ;
  • une douleur importante de la gorge persiste ;
  • l'occlusion change ;
  • le gonflement réapparaît ;
  • une fièvre ou un écoulement apparaît.

Appelez le 15 ou le 112 en cas de :

  • trouble brutal de la parole ;
  • paralysie faciale soudaine ;
  • faiblesse d'un bras ou d'une jambe ;
  • difficulté respiratoire ;
  • gonflement rapide de la langue ou du cou ;
  • malaise important.

Questions fréquentes

Est-il normal de mal parler après une chirurgie des mâchoires ?

Oui. Le gonflement, les élastiques, la sensibilité diminuée et la limitation d'ouverture perturbent temporairement la parole.

Combien de temps faut-il pour reparler normalement ?

Une amélioration importante survient souvent pendant les premières semaines, mais l'adaptation fine peut se poursuivre plusieurs mois.

Ma voix va-t-elle changer définitivement ?

Une modification importante et durable semble peu fréquente. De légers changements acoustiques peuvent exister sans être perceptibles.

Pourquoi ai-je du mal à prononcer le « s » ?

Ce son demande un placement précis de la langue et des dents. La chirurgie modifie temporairement les repères utilisés.

La chirurgie peut-elle améliorer mon défaut de prononciation ?

Oui chez certains patients, surtout lorsque le défaut était lié à la malocclusion. L'amélioration n'est cependant pas garantie.

Faut-il parler beaucoup pour récupérer ?

Non. Une reprise progressive est préférable à un entraînement intensif.

Peut-on parler avec les élastiques ?

Souvent oui, mais la parole est moins nette. Ne les retirez pas sans autorisation.

Quand consulter un orthophoniste ?

Lorsque les troubles persistent, gênent la vie quotidienne ou concernaient déjà la parole avant l'opération.

Une voix nasale est-elle normale ?

Une voix bouchée est fréquente lorsque le nez est obstrué. Une hypernasalité persistante doit être évaluée, en particulier chez les patients ayant une fente palatine.

Un trouble soudain de la parole est-il une urgence ?

Oui, surtout s'il s'accompagne d'une faiblesse du visage ou d'un membre. Appelez le 15 ou le 112.

À retenir

  • Parler difficilement est fréquent pendant les premiers jours et les premières semaines.
  • Les élastiques, la gouttière, le gonflement et l'engourdissement modifient temporairement l'articulation.
  • Les sons « s » et « z » sont particulièrement sensibles aux changements dentaires et squelettiques.
  • La chirurgie peut améliorer certains défauts anciens, mais pas systématiquement.
  • L'intelligibilité globale reste souvent stable à long terme.
  • Les modifications durables et nettement perceptibles de la voix semblent peu fréquentes.
  • La reprise de la parole doit être progressive et sans forcer.
  • L'orthophonie peut être utile lorsque les difficultés persistent.
  • Une hypernasalité persistante nécessite une attention particulière chez les patients présentant une fente palatine.
  • Un trouble brutal de la parole associé à des signes neurologiques est une urgence.

Ce contenu fournit des informations générales. Il ne remplace pas l'examen, le diagnostic ni les consignes de votre chirurgien, de votre médecin ORL ou de votre orthophoniste.


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Références scientifiques

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  8. Précision : une référence sur la résonance de la parole chez des patients porteurs d'une fente labio-palatine, initialement associée au PMID 20878022, n'a pas pu être confirmée avec certitude malgré plusieurs tentatives de vérification. Elle n'est donc plus citée ni liée. Si vous disposez de la référence exacte, merci de nous la transmettre pour mise à jour.