Accueil / Ostéotomie mandibulaire : déroulement, indications et suites

L'ostéotomie mandibulaire corrige la position de la mâchoire inférieure seule, sans intervention sur le maxillaire. C'est l'une des interventions les plus fréquentes en chirurgie orthognathique, en particulier pour corriger un menton trop en retrait ou trop en avant.

Cette page complète notre page générale chirurgie orthognathique : définition, objectifs et déroulement, qui explique le parcours global commun à toutes les chirurgies des mâchoires.

Qu'est-ce qu'une ostéotomie mandibulaire ?

La technique la plus utilisée est l'ostéotomie sagittale des branches montantes (parfois appelée BSSO, pour bilateral sagittal split osteotomy). Le chirurgien réalise une coupe osseuse le long de la branche montante de la mandibule, de chaque côté, ce qui permet de faire glisser le corps mandibulaire vers l'avant ou vers l'arrière tout en conservant le contact entre les fragments osseux. Ceux-ci sont ensuite fixés par des plaques et des vis, le plus souvent en titane.

D'autres techniques existent (ostéotomie verticale de la branche montante, ostéotomies segmentaires), réservées à des situations particulières et discutées au cas par cas avec le chirurgien.

Dans quelles situations propose-t-on une ostéotomie mandibulaire isolée ?

Elle est envisagée lorsque le décalage concerne principalement la mandibule, notamment :

  • une rétrognathie mandibulaire (mâchoire inférieure en retrait, classe II) ;
  • un prognathisme mandibulaire (mâchoire inférieure trop avancée, classe III) ;
  • une asymétrie mandibulaire isolée ;
  • certains syndromes d'apnées obstructives du sommeil, par avancement mandibulaire.

Lorsque le décalage concerne également le maxillaire, une chirurgie bimaxillaire est généralement préférée : consultez notre page chirurgie bimaxillaire.

Avancement ou recul : quelle différence pour la convalescence ?

Un avancement mandibulaire et un recul mandibulaire utilisent la même technique chirurgicale, mais leurs effets diffèrent :

  • un avancement peut améliorer l'espace des voies aériennes supérieures ;
  • un recul peut, à l'inverse, réduire cet espace, ce qui est pris en compte par l'équipe chirurgicale dans la planification et la surveillance postopératoire.

Sur la stabilité à long terme, la littérature considère généralement l'avancement mandibulaire comme une technique stable, tandis que le recul mandibulaire est davantage associé à un risque de récidive partielle, sans qu'un chiffre unique et consensuel puisse être avancé tant les méthodes de mesure diffèrent d'une étude à l'autre (source). La stabilité dépend aussi de l'ampleur du mouvement, de la technique de fixation, de la position du condyle et du suivi orthodontique.

Quel est le risque spécifique sur le nerf de la lèvre et du menton ?

L'ostéotomie sagittale passe à proximité immédiate du nerf alvéolaire inférieur, qui assure la sensibilité de la lèvre inférieure, du menton et parfois des dents mandibulaires. Une perte de sensibilité temporaire de cette zone est donc fréquente après ce type d'intervention.

Une revue systématique portant sur 61 études a mis en évidence une très grande variabilité des taux rapportés de troubles neurosensoriels après ostéotomie sagittale, du fait de l'absence de méthode d'évaluation standardisée entre les études ; les auteurs concluent que ces troubles restent insuffisamment évalués dans la littérature existante (source). Dans la majorité des cas rapportés, ces troubles s'améliorent nettement au cours de la première année, mais une atteinte durable reste possible.

Nous détaillons ce sujet, son suivi et les signes qui doivent alerter dans notre page dédiée. → Perte de sensibilité après chirurgie des mâchoires : lèvre, menton et langue

Comment se déroule l'intervention ?

L'intervention est réalisée sous anesthésie générale, par voie intra-buccale (aucune incision visible sur le visage dans la très grande majorité des cas). Sa durée est généralement plus courte qu'une chirurgie bimaxillaire, de l'ordre de 1h30 à 3 heures selon la complexité. L'hospitalisation dure habituellement 1 à 3 jours.

Quelles suites spécifiques à cette intervention ?

La convalescence suit les grandes lignes communes à toute chirurgie orthognathique (gonflement, alimentation liquide puis mixée, élastiques), détaillées dans notre guide complet. Certains éléments sont plus spécifiques à la chirurgie mandibulaire isolée :

  • le nez n'est généralement pas concerné (contrairement à une chirurgie maxillaire) ;
  • la sensibilité de la lèvre inférieure et du menton est la zone la plus fréquemment touchée ;
  • le gonflement peut paraître plus marqué au niveau du bas du visage et de l'angle mandibulaire ;
  • l'occlusion finale dépend également du traitement orthodontique post-chirurgical.

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À retenir

  • L'ostéotomie mandibulaire corrige la position de la mâchoire inférieure seule, le plus souvent par ostéotomie sagittale des branches montantes.
  • Elle est indiquée pour les rétrognathies, prognathismes et asymétries mandibulaires isolés.
  • L'avancement est généralement considéré plus stable à long terme que le recul, sans chiffre consensuel unique.
  • Le risque neurosensoriel sur la lèvre et le menton est fréquent mais le plus souvent transitoire.
  • La convalescence suit les grandes étapes communes à la chirurgie orthognathique, avec quelques particularités propres à la mandibule.

Ce contenu fournit des informations générales. Seul votre chirurgien maxillo-facial peut évaluer si une ostéotomie mandibulaire isolée est adaptée à votre situation.


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Pour l'ensemble du parcours, consultez notre guide complet.

Références scientifiques

  1. Agbaje JO, Salem AS, Lambrichts I, Jacobs R, Politis C. Systematic review of the incidence of inferior alveolar nerve injury in bilateral sagittal split osteotomy and the assessment of neurosensory disturbances. International Journal of Oral and Maxillofacial Surgery, 2015;44(4):447-451. PMID : 25496848. Vérifié par recherche croisée (61 études incluses). Voir sur PubMed
  2. Jain D, Datana S, Chopra SS. Long-term Skeletal Stability of Mandibular Surgery with Bilateral Sagittal Split Ramus Osteotomy—Advancement Versus Setback: A Systematic Review and Meta-analysis. 2024. DOI : 10.1177/03015742231203469. Voir la publication. PMID non confirmé avec les moyens de recherche disponibles ; référence identifiée et citée via son DOI par prudence.