Nez bouché et saignements après une chirurgie des mâchoires : que faire ?
Après une chirurgie orthognathique impliquant le maxillaire supérieur, il est très fréquent d'avoir le nez bouché, de respirer par la bouche et d'observer de petites traces de sang dans les narines.
Cette gêne peut être particulièrement angoissante lorsque la bouche s'ouvre peu, que les lèvres sont gonflées ou que des élastiques sont en place. Pourtant, dans la majorité des cas, l'obstruction nasale des premiers jours est liée au gonflement, au sang séché et aux sécrétions accumulées dans le nez.
Les soins autorisés varient selon l'intervention. Certains patients peuvent utiliser rapidement un spray de sérum physiologique, tandis que d'autres doivent respecter des précautions particulières en raison d'une chirurgie du maxillaire, des sinus, de la cloison nasale ou des cornets.
Le protocole donné par le chirurgien doit donc toujours être suivi en priorité.
Pourquoi le nez est-il bouché après l'opération ?
Après une ostéotomie du maxillaire de type Le Fort I, les tissus situés autour des fosses nasales sont directement concernés par l'intervention.
L'obstruction peut être provoquée par :
- le gonflement de la muqueuse nasale ;
- du sang séché ;
- de petits caillots ;
- des sécrétions épaisses ;
- une irritation liée à l'intubation ;
- une modification temporaire du passage de l'air ;
- un méchage ou une attelle nasale, dans certains cas ;
- une chirurgie associée de la cloison ou des cornets ;
- la position allongée.
Le nez peut sembler totalement fermé, même lorsqu'un faible passage d'air persiste.
Cette obstruction initiale ne permet pas de prédire la qualité de la respiration nasale à long terme.
Des études prospectives montrent que la fonction respiratoire nasale peut s'améliorer ou rester stable chez une majorité de patients après une ostéotomie de Le Fort I. Elle peut néanmoins se dégrader chez certains patients selon leur anatomie et les mouvements réalisés.
Le nez est-il bouché après toutes les chirurgies des mâchoires ?
Non.
La gêne nasale est surtout fréquente après :
- une chirurgie du maxillaire supérieur ;
- une chirurgie bimaxillaire ;
- une intervention associée sur la cloison nasale ;
- une réduction des cornets ;
- une manipulation importante du plancher des fosses nasales.
Après une chirurgie limitée à la mandibule ou au menton, le nez peut aussi être temporairement encombré en raison de l'intubation, de la position opératoire, du gonflement général ou de sécrétions, mais cette gêne est généralement moins directement liée au geste osseux.
Combien de temps le nez reste-t-il bouché ?
La gêne est généralement la plus importante pendant les premiers jours.
Elle commence ensuite à diminuer lorsque :
- le gonflement régresse ;
- les sécrétions deviennent plus fluides ;
- le sang séché s'élimine ;
- les soins nasaux deviennent plus faciles ;
- le patient recommence à bouger davantage.
Une obstruction partielle peut toutefois persister plusieurs semaines.
Le délai dépend notamment :
- du type d'intervention ;
- de l'importance du gonflement ;
- de la présence de croûtes ;
- d'une chirurgie nasale associée ;
- d'allergies ;
- d'une déviation de la cloison ;
- des habitudes de soins de l'équipe.
Une obstruction qui s'aggrave, devient uniquement d'un côté ou persiste longtemps sans amélioration doit être signalée.
Est-il normal d'avoir du sang qui coule du nez ?
Une petite quantité de sang ou de liquide rosé est fréquente pendant les premières heures ou les premiers jours après une chirurgie du maxillaire.
Vous pouvez observer :
- quelques gouttes de sang ;
- des traces sur un mouchoir ;
- un écoulement rosé ;
- du sang séché autour des narines ;
- de petits caillots ;
- du sang mélangé aux sécrétions.
Une partie du sang peut également s'écouler vers l'arrière de la gorge et donner un goût métallique.
Cela ne signifie pas nécessairement qu'une hémorragie est en cours.
Quelle différence entre un petit saignement et une hémorragie ?
Un petit saignement postopératoire est généralement :
- peu abondant ;
- intermittent ;
- rosé ou rouge foncé ;
- rapidement contrôlé ;
- sans malaise ;
- sans remplissage continu de la bouche ou de la gorge.
Un saignement préoccupant peut être :
- rouge vif ;
- abondant ;
- continu ;
- pulsatile ;
- difficile à arrêter ;
- accompagné de gros caillots ;
- présent dans le nez et dans la bouche ;
- associé à des vertiges, une faiblesse ou un malaise.
Les hémorragies retardées après chirurgie orthognathique sont rares, mais elles peuvent survenir plusieurs jours après l'intervention et nécessiter une prise en charge urgente.
Que faire en cas de petit saignement de nez ?
Sauf consigne différente de votre équipe :
- asseyez-vous ;
- gardez la tête légèrement penchée vers l'avant ;
- respirez calmement par la bouche ;
- laissez le sang s'écouler plutôt que de l'avaler ;
- appliquez doucement une compresse sous les narines ;
- évitez de renifler ou de vous moucher ;
- contactez l'équipe si le saignement ne diminue pas rapidement.
Ne basculez pas fortement la tête en arrière : cela favorise l'écoulement du sang dans la gorge et peut provoquer des nausées ou masquer la quantité réellement perdue.
Ne placez pas profondément de coton, de mouchoir ou d'objet dans la narine sans consigne médicale.
Quand faut-il appeler immédiatement les secours ?
Contactez rapidement l'équipe si le saignement réapparaît ou augmente sans que la bouche ou la gorge se remplissent de sang, ou si un caillot isolé apparaît sans saignement important ni retentissement général.
Appelez le 15 ou le 112 si :
- le sang coule abondamment et sans interruption ;
- la bouche ou la gorge se remplissent de sang ;
- vous avalez de grandes quantités de sang ;
- vous avez du mal à respirer ;
- vous ressentez un malaise, des vertiges ou une faiblesse importante ;
- de gros caillots apparaissent dans un contexte de saignement abondant ou persistant ;
- le saignement survient après un choc ;
- vous prenez un traitement anticoagulant et le saignement est important.
En présence d'élastiques, suivez le protocole d'urgence qui vous a été remis. Ne retirez pas systématiquement tous les élastiques pour un simple écoulement nasal, mais sachez comment les enlever rapidement si vous devez dégager la bouche en raison de vomissements, d'un saignement massif ou d'une difficulté respiratoire.
Peut-on se moucher après une chirurgie du maxillaire ?
En général, il est demandé de ne pas se moucher pendant une certaine période après une ostéotomie du maxillaire.
Se moucher crée une augmentation de pression dans les fosses nasales et les sinus. Cette pression peut être indésirable lorsque les tissus viennent d'être opérés.
Le délai exact varie selon :
- le type d'ostéotomie ;
- l'ouverture éventuelle des sinus ;
- la chirurgie de la cloison ;
- les habitudes du chirurgien ;
- l'état de la cicatrisation.
Ne choisissez pas vous-même une date de reprise. Demandez clairement au chirurgien :
- pendant combien de jours vous ne devez pas vous moucher ;
- comment évacuer les sécrétions ;
- à partir de quand un mouchage très doux sera autorisé.
Peut-on renifler pour dégager son nez ?
Il est préférable d'éviter de renifler fortement et de manière répétée.
Un reniflement puissant peut :
- créer une pression ;
- attirer le sang et les sécrétions vers la gorge ;
- provoquer une nouvelle irritation ;
- déclencher des nausées ;
- rendre difficile l'évaluation d'un saignement.
Vous pouvez parfois inspirer très doucement par le nez si un passage d'air existe, mais sans chercher à décoller brutalement les croûtes.
Comment éternuer après une chirurgie du maxillaire ?
Lorsque vous sentez un éternuement arriver :
- ouvrez la bouche ;
- ne pincez pas le nez ;
- ne retenez pas l'éternuement ;
- laissez l'air sortir sans bloquer les voies nasales.
Éternuer bouche ouverte permet de limiter la pression transmise au nez et aux sinus.
Soutenez éventuellement votre menton de manière très légère si l'ouverture de bouche reste limitée, sans empêcher l'éternuement.
Un éternuement isolé ne déplace généralement pas les mâchoires. Contactez néanmoins l'équipe si un éternuement est suivi d'un saignement abondant, d'une douleur brutale ou d'un changement de l'occlusion.
Peut-on utiliser du sérum physiologique ?
Le sérum physiologique est souvent utilisé pour humidifier les fosses nasales et ramollir les sécrétions.
Il peut être proposé sous forme de :
- petites dosettes ;
- spray doux ;
- brumisation ;
- irrigation, plus rarement et plus tardivement.
Il ne faut toutefois pas utiliser automatiquement n'importe quel dispositif.
Après une chirurgie du maxillaire, la différence est importante entre :
- quelques gouttes ou un spray doux ;
- un aérosol sous pression ;
- une irrigation à grand volume ;
- un lavage avec une bouteille compressible.
L'efficacité des sprays salins sur les symptômes postopératoires n'est pas uniformément démontrée dans les études réalisées après d'autres chirurgies nasales. Leur intérêt peut néanmoins être l'humidification, le nettoyage doux et le confort plutôt qu'une disparition immédiate de l'obstruction.
Utilisez uniquement la méthode et la fréquence indiquées par votre équipe.
Comment mettre le sérum physiologique sans créer trop de pression ?
Lorsque les dosettes ou un spray doux sont autorisés :
- lavez-vous les mains ;
- gardez la tête droite ou légèrement inclinée selon la consigne ;
- placez l'embout uniquement à l'entrée de la narine ;
- exercez une pression faible ;
- laissez le liquide et les sécrétions s'écouler naturellement ;
- essuyez délicatement le bord du nez ;
- ne reniflez pas fortement après l'application.
L'embout ne doit pas être introduit profondément.
Une forte pression n'est pas plus efficace et peut être inconfortable.
Peut-on faire un lavage de nez avec une bouteille ou un pot neti ?
Pas sans l'autorisation explicite du chirurgien.
Les systèmes de lavage à grand volume exercent davantage de pression et font circuler une quantité importante de liquide dans les fosses nasales.
Ils peuvent être adaptés dans certaines chirurgies ORL, mais cela ne signifie pas qu'ils sont appropriés immédiatement après une ostéotomie du maxillaire.
Le chirurgien doit préciser :
- la date de début ;
- le dispositif à utiliser ;
- la pression autorisée ;
- le type d'eau ;
- la fréquence ;
- la position de la tête.
N'utilisez jamais directement de l'eau du robinet pour un lavage nasal profond sans suivre les règles de préparation et d'hygiène indiquées par un professionnel.
Peut-on utiliser un spray décongestionnant ?
Uniquement s'il a été prescrit ou autorisé.
Les sprays vasoconstricteurs, comme ceux contenant de la xylométazoline ou de l'oxymétazoline, peuvent temporairement réduire le gonflement de la muqueuse.
Ils présentent cependant plusieurs limites :
- risque d'irritation ;
- sécheresse ;
- saignement ;
- accélération du rythme cardiaque chez certaines personnes ;
- augmentation de la tension ;
- effet rebond en cas d'utilisation prolongée ;
- contre-indications et interactions.
Ne prolongez jamais ce type de spray au-delà de la durée prescrite.
Peut-on utiliser un spray corticoïde contre les allergies ?
Pas automatiquement.
Un patient traité habituellement pour une rhinite allergique doit demander :
- s'il peut reprendre son spray ;
- à partir de quel jour ;
- à quelle dose ;
- si le produit doit être temporairement suspendu.
Le spray peut irriter une muqueuse fraîchement opérée ou favoriser de petits saignements lorsqu'il est mal dirigé.
Lorsqu'il est autorisé, l'embout est généralement orienté vers l'extérieur de la narine, et non vers la cloison, mais suivez la technique donnée par le médecin.
Comment nettoyer le sang séché autour des narines ?
Vous pouvez généralement nettoyer uniquement la partie extérieure avec :
- une compresse propre ;
- du sérum physiologique ;
- de l'eau tiède ;
- un coton ou un linge très doux pour le bord externe uniquement.
Humidifiez les dépôts avant d'essayer de les enlever.
Évitez de :
- gratter avec un ongle ;
- arracher une croûte ;
- introduire un coton-tige profondément ;
- utiliser une pince ;
- frotter énergiquement ;
- verser de l'alcool ou de l'eau oxygénée.
Une croûte située à l'intérieur peut protéger une zone encore fragile. Elle doit parfois être laissée en place jusqu'à ce qu'elle se détache spontanément.
Peut-on utiliser un coton-tige dans le nez ?
Pas profondément.
Un coton-tige peut :
- pousser les croûtes plus loin ;
- provoquer un saignement ;
- blesser la muqueuse ;
- laisser des fibres ;
- toucher une attelle ou un fil ;
- traumatiser une zone insensible.
Il peut éventuellement servir à nettoyer très délicatement le bord visible de la narine lorsque l'équipe l'autorise.
Peut-on mettre de la vaseline dans les narines ?
Une petite quantité de pommade peut parfois être recommandée pour éviter le dessèchement du bord des narines.
N'appliquez toutefois pas automatiquement :
- de vaseline ;
- d'huile essentielle ;
- de baume parfumé ;
- de pommade antibiotique ;
- de crème cosmétique.
Le produit doit être adapté à la muqueuse nasale et validé par un professionnel.
Une application répétée et profonde de substances grasses dans le nez n'est pas anodine.
Pourquoi ai-je des croûtes dans le nez ?
Les croûtes se forment lorsque :
- le sang sèche ;
- les sécrétions s'épaississent ;
- la muqueuse est irritée ;
- l'air inspiré est sec ;
- le patient respire beaucoup par la bouche ;
- le nez ne peut pas être nettoyé normalement.
Elles peuvent donner l'impression que la narine est totalement obstruée.
Il ne faut pas les arracher. Le sérum physiologique autorisé peut contribuer à les humidifier pour qu'elles se détachent progressivement.
Un humidificateur d'air peut-il aider ?
Un air trop sec peut augmenter :
- la sécheresse du nez ;
- les croûtes ;
- l'inconfort de la gorge ;
- la sécheresse des lèvres.
Un humidificateur peut améliorer le confort lorsqu'il est correctement entretenu.
Il doit être :
- nettoyé régulièrement ;
- rempli avec une eau adaptée selon le fabricant ;
- placé à distance du visage ;
- utilisé sans huiles essentielles ;
- arrêté si de la moisissure ou une odeur apparaît.
Une humidité excessive peut favoriser les moisissures dans la pièce.
Une douche tiède ou une pièce normalement ventilée peuvent parfois suffire.
Peut-on faire des inhalations de vapeur ?
La vapeur très chaude est déconseillée.
Elle peut :
- provoquer une brûlure ;
- augmenter la vasodilatation ;
- favoriser un saignement ;
- accentuer temporairement le gonflement ;
- provoquer un malaise.
Les inhalations avec huiles essentielles ne doivent pas être utilisées sans validation médicale, en particulier à proximité de muqueuses opérées.
L'objectif est d'humidifier doucement l'air, pas d'exposer le visage à une chaleur intense.
Est-il normal de respirer uniquement par la bouche ?
Oui, cela peut arriver pendant les premiers jours lorsque le nez est très encombré.
La respiration buccale peut provoquer :
- une bouche sèche ;
- des lèvres gercées ;
- une gorge irritée ;
- une salive plus épaisse ;
- une mauvaise haleine ;
- des réveils nocturnes ;
- une sensation d'angoisse.
Pour améliorer le confort :
- hydratez-vous régulièrement ;
- protégez vos lèvres ;
- dormez légèrement surélevé ;
- utilisez les soins nasaux autorisés ;
- gardez l'air de la chambre suffisamment humide ;
- prenez les antalgiques prescrits.
Une sensation de nez bouché est différente d'une véritable difficulté respiratoire. En cas de manque d'air, de bruit respiratoire inhabituel ou de gonflement de la langue et du cou, appelez les secours.
Comment dormir avec le nez bouché ?
Dormir avec le haut du corps légèrement surélevé peut :
- faciliter la respiration ;
- limiter la stagnation des sécrétions ;
- réduire une partie du gonflement ;
- diminuer l'écoulement vers la gorge.
Préparez près du lit :
- de l'eau ;
- des compresses ;
- le sérum physiologique autorisé ;
- un soin pour les lèvres ;
- un récipient ou des mouchoirs ;
- les coordonnées de l'équipe.
Évitez de dormir avec une poche glacée non surveillée directement contre la peau.
Peut-on utiliser des bandelettes nasales ?
Les bandelettes externes qui tirent légèrement sur les ailes du nez peuvent parfois augmenter la sensation de passage d'air.
Elles ne doivent toutefois pas être placées :
- sur une peau irritée ;
- sur une incision externe ;
- sur un nez très gonflé ;
- lorsqu'une chirurgie nasale associée a été réalisée ;
- sans l'accord de l'équipe.
Elles n'agissent pas sur les caillots, les sécrétions profondes ou le gonflement interne.
Pourquoi du liquide ressort-il par le nez lorsque je bois ?
Dans les premières phases, la coordination entre les lèvres, la langue et la déglutition peut être perturbée.
Un liquide peut ressortir par le nez en raison :
- du gonflement ;
- d'une diminution de la sensibilité ;
- d'une prise trop rapide ;
- d'une mauvaise position ;
- d'une difficulté temporaire à fermer correctement le passage entre la bouche et le nez.
Essayez :
- de boire plus lentement ;
- de prendre de petites quantités ;
- de vous tenir droit ;
- d'utiliser le matériel recommandé ;
- d'éviter de parler pendant la déglutition.
Signalez le problème s'il est important, persiste ou s'accompagne d'une toux, d'un étouffement ou d'une voix très modifiée.
Est-il normal d'avoir des sécrétions dans la gorge ?
Oui.
Le sang et les sécrétions nasales peuvent couler vers l'arrière de la gorge, surtout en position allongée.
Cela peut provoquer :
- un besoin de racler la gorge ;
- un goût métallique ;
- des nausées ;
- une toux ;
- une sensation de mucus épais.
Évitez de tousser ou de racler très violemment.
Hydratez-vous et utilisez les soins autorisés. Un écoulement de sang rouge vif continu dans la gorge nécessite en revanche une évaluation urgente.
Que faire en cas de nausées provoquées par le sang avalé ?
Le sang avalé peut irriter l'estomac et provoquer :
- des nausées ;
- des vomissements ;
- des douleurs abdominales ;
- des selles foncées.
Asseyez-vous, penchez légèrement la tête vers l'avant et laissez le sang s'écouler lorsque cela est possible.
Contactez l'équipe en cas de :
- vomissements répétés ;
- vomissements contenant beaucoup de sang rouge ;
- impossibilité de boire ;
- saignement nasal actif.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de malaise, de vertiges ou de faiblesse importante associés à ces symptômes.
Les vomissements sont particulièrement préoccupants lorsque la bouche est fortement maintenue par des élastiques. Gardez le dispositif de retrait d'urgence accessible si votre équipe vous en a remis un.
Le nez risque-t-il de rester bouché définitivement ?
Une obstruction persistante est possible, mais elle ne peut pas être évaluée pendant les premiers jours.
À moyen terme, la respiration peut :
- s'améliorer ;
- rester proche de l'état initial ;
- plus rarement se dégrader.
Dans une cohorte prospective de 50 patients, la respiration nasale était améliorée ou inchangée chez environ 80 % des participants après une chirurgie du maxillaire. Les patients initialement les plus gênés étaient ceux qui rapportaient le plus souvent une amélioration.
Une petite étude prospective de 13 patients ayant subi une impaction maxillaire retrouvait également une amélioration moyenne à trois mois, mais deux patients rapportaient une aggravation. Le faible effectif impose de rester prudent.
Quand consulter un ORL ?
Un avis ORL peut être utile si :
- le nez reste très bouché plusieurs semaines ou plusieurs mois ;
- une seule narine reste constamment obstruée ;
- vous aviez déjà une rhinite, une déviation de cloison ou des polypes ;
- des saignements se répètent ;
- l'odorat reste altéré ;
- vous souffrez de sinusites répétées ;
- vous ressentez une douleur faciale ou une pression persistante ;
- le chirurgien suspecte un problème de cloison, de cornets ou d'adhérences.
L'évaluation ne doit généralement pas être réalisée trop tôt si le gonflement postopératoire reste important, sauf urgence.
La chirurgie peut-elle améliorer une obstruction nasale ancienne ?
Oui, dans certains cas.
Une avancée du maxillaire peut agrandir certaines dimensions des voies nasales. Une chirurgie simultanée de la cloison ou des cornets peut également être réalisée lorsqu'une anomalie est identifiée.
Les résultats favorables observés concernent surtout des patients sélectionnés et parfois opérés de gestes ORL complémentaires. Ils ne peuvent pas être généralisés à toutes les chirurgies.
La chirurgie peut-elle modifier l'odorat ?
Oui, temporairement.
L'odorat peut diminuer lorsque :
- le nez est bouché ;
- l'air n'atteint pas correctement la zone olfactive ;
- la muqueuse est gonflée ;
- des croûtes sont présentes ;
- le patient respire principalement par la bouche.
Le goût peut alors également sembler diminué, car une grande partie de la perception des saveurs dépend de l'odorat.
Une altération persistante ou une perte complète de l'odorat doit être signalée.
Quels signes doivent faire contacter le chirurgien ?
Contactez rapidement l'équipe en cas de :
- saignement nasal qui ne s'arrête pas ;
- reprise d'un saignement rouge vif plusieurs jours après l'opération ;
- obstruction qui s'aggrave au lieu de s'améliorer ;
- douleur importante d'un seul côté ;
- écoulement malodorant ou purulent ;
- fièvre ;
- gonflement localisé autour du nez ou de l'œil ;
- trouble de la vision ;
- écoulement très clair et continu d'une seule narine ;
- gêne respiratoire liée à l'obstruction nasale qui devient inhabituelle ou s'aggrave, sans véritable difficulté à respirer ;
- vomissements répétés liés au sang avalé ;
- traumatisme du visage.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de saignement abondant ou continu, de bouche ou d'arrière-gorge qui se remplit de sang, de gros caillots dans un contexte de saignement abondant ou persistant, de saignement associé à un malaise, une pâleur, des sueurs ou une faiblesse importante, d'une véritable difficulté à respirer (sensation de manquer d'air, respiration qui devient difficile), de gonflement rapide du cou ou de la langue, ou de trouble visuel brutal.
Ce qu'il ne faut pas faire
Après une chirurgie du maxillaire, évitez sans autorisation de :
- vous moucher ;
- retenir un éternuement ;
- éternuer bouche fermée ;
- renifler très fortement ;
- arracher les croûtes ;
- introduire un coton-tige profondément ;
- utiliser un lavage nasal sous forte pression ;
- prendre un décongestionnant non prescrit ;
- faire des inhalations brûlantes ;
- utiliser des huiles essentielles ;
- mettre un objet ou une compresse profondément dans la narine ;
- attendre devant un saignement important.
Routine pratique pour les premiers jours
Le matin
- relevez-vous progressivement ;
- observez l'aspect des compresses et des narines ;
- humidifiez le bord du nez selon les consignes ;
- utilisez le sérum physiologique autorisé ;
- nettoyez doucement les dépôts extérieurs ;
- hydratez vos lèvres et votre bouche.
Pendant la journée
- buvez régulièrement ;
- restez légèrement surélevé pendant les temps de repos ;
- évitez la chaleur et les efforts ;
- éternuez bouche ouverte ;
- changez la compresse sous le nez lorsqu'elle est humide ;
- surveillez la couleur et la quantité des écoulements.
Avant de dormir
- préparez le matériel nécessaire ;
- surélevez la tête de manière stable ;
- humidifiez le nez selon le protocole ;
- gardez de l'eau et des compresses à proximité ;
- conservez les coordonnées d'urgence accessibles.
Questions fréquentes
Est-il normal d'avoir le nez complètement bouché après l'opération ?
Oui, surtout après une chirurgie du maxillaire. Le gonflement, les sécrétions et le sang séché peuvent presque fermer les fosses nasales pendant les premiers jours.
Combien de temps dure le nez bouché ?
La gêne importante diminue généralement pendant les premiers jours ou les premières semaines. Une obstruction résiduelle peut persister davantage.
Puis-je me moucher doucement ?
Seulement lorsque le chirurgien l'a autorisé. Même un mouchage doux crée une pression dans le nez et les sinus.
Comment éternuer sans abîmer l'opération ?
Éternuez bouche ouverte, sans pincer le nez et sans bloquer l'air.
Les petits saignements sont-ils normaux ?
De petites traces ou un écoulement rosé sont fréquents au début. Un saignement rouge vif, abondant ou persistant nécessite une évaluation urgente.
Peut-on utiliser du sérum physiologique ?
Souvent oui, mais le dispositif, la pression et la fréquence doivent correspondre aux consignes de l'équipe.
Puis-je faire un lavage de nez complet ?
Pas sans autorisation. Une irrigation à grand volume n'est pas équivalente à quelques gouttes de sérum physiologique.
Un spray décongestionnant peut-il aider ?
Il peut parfois être prescrit pour une courte période. Il ne doit pas être utilisé ou prolongé de votre propre initiative.
Pourquoi ai-je du sang dans la gorge ?
Les sécrétions nasales peuvent s'écouler vers l'arrière, surtout en position allongée. Un écoulement continu de sang rouge vif est anormal.
Ma respiration nasale sera-t-elle meilleure après la chirurgie ?
Elle peut s'améliorer, rester stable ou se dégrader. Le résultat dépend de l'anatomie et des mouvements réalisés et ne peut pas être jugé pendant la phase de gonflement.
À retenir
- Le nez bouché est fréquent après une chirurgie du maxillaire.
- Le gonflement, les caillots et les sécrétions expliquent la majorité des obstructions précoces.
- Quelques traces de sang ou un écoulement rosé peuvent être normaux.
- Il ne faut généralement pas se moucher avant l'autorisation du chirurgien.
- Les éternuements doivent se faire bouche ouverte.
- Le sérum physiologique peut être utile, mais la méthode doit respecter le protocole reçu.
- Les lavages sous pression et les sprays décongestionnants ne doivent pas être utilisés librement.
- Les croûtes ne doivent pas être arrachées.
- Un saignement rouge vif, abondant ou retardé est une urgence.
- La respiration nasale définitive ne peut pas être jugée pendant les premières semaines.
Ce contenu fournit des informations générales. Il ne remplace pas les consignes, l'examen ni le suivi de votre chirurgien ou d'un médecin ORL.
Voir aussi : Fils, plaies et cicatrisation dans la bouche après une chirurgie des mâchoires.
Références scientifiques
- Kim HS et al. Nasal airway function after Le Fort I osteotomy with maxillary impaction: A prospective study using the Nasal Obstruction Symptom Evaluation scale. Archives of Plastic Surgery, 2021. PMID : 33503746. Voir sur PubMed
- Williams BJ, Isom A, Laureano Filho JR, O'Ryan FS. Nasal airway function after maxillary surgery: a prospective cohort study using the Nasal Obstruction Symptom Evaluation scale. Journal of Oral and Maxillofacial Surgery, 2013. PMID : 22883318. Voir sur PubMed
- Kosyk MS et al. Nasal Obstruction Evaluation After LeFort I Osteotomy: A Pilot Study. Journal of Craniofacial Surgery, 2022. PMID : 34967516. Voir sur PubMed
- Posnick JC et al. Simultaneous intranasal procedures to improve chronic obstructive nasal breathing in patients undergoing maxillary Le Fort I osteotomy. Journal of Oral and Maxillofacial Surgery, 2007. PMID : 17954325. Voir sur PubMed
- Girard A et al. Epistaxis After Orthognathic Surgery: Literature Review and Three Case Studies. Craniomaxillofacial Trauma & Reconstruction, 2022. PMID : 35633764. Voir sur PubMed
- Olsen JJ et al. Prevention of Bleeding in Orthognathic Surgery: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Journal of Oral and Maxillofacial Surgery, 2016. PMID : 26073131. Voir sur PubMed
- Humphreys MR, Grant D, McKean SA, Eng CY, Townend J, Evans AS. Xylometazoline hydrochloride 0.1 per cent versus physiological saline in nasal surgical aftercare: a randomised, single-blinded, comparative clinical trial. Journal of Laryngology & Otology, 2009;123(1):85-90. PMID : 18405405. Voir sur PubMed