Fils, plaies et cicatrisation dans la bouche après une chirurgie des mâchoires
Après une chirurgie orthognathique, la majorité des incisions sont réalisées à l’intérieur de la bouche. Les cicatrices sont donc généralement invisibles de l’extérieur, mais leur aspect peut être impressionnant lorsqu’on commence à regarder sous les lèvres ou à l’intérieur des joues.
Les patients découvrent parfois :
- des fils qui pendent ;
- des nœuds volumineux ;
- une couche blanche ou jaune sur la cicatrice ;
- une gencive gonflée ;
- un petit espace entre deux bords de la plaie ;
- du sang séché ;
- une mauvaise odeur ;
- une zone dure ou sensible.
La plupart de ces éléments peuvent correspondre à une cicatrisation habituelle. Certains signes nécessitent cependant un avis rapide, notamment une douleur qui augmente, un écoulement purulent, de la fièvre ou un gonflement qui réapparaît après une amélioration.
Les consignes de votre chirurgien restent prioritaires : le type de fil, la localisation des incisions et les soins nécessaires ne sont pas identiques pour tous les patients.
Où se trouvent les cicatrices après une chirurgie des mâchoires ?
Les cicatrices dépendent de l’intervention réalisée.
Après une chirurgie du maxillaire
L’incision se trouve généralement dans le vestibule supérieur, c’est-à-dire sous la lèvre supérieure, au-dessus des dents.
Elle peut s’étendre d’un côté à l’autre de la bouche selon le geste réalisé.
Après une chirurgie de la mandibule
Les incisions sont souvent situées à l’intérieur des joues, à proximité des molaires inférieures.
Elles peuvent être difficiles à voir en raison :
- du gonflement ;
- du manque d’ouverture ;
- des bagues ;
- des élastiques ;
- de leur position très postérieure.
Après une génioplastie
L’incision se trouve généralement derrière la lèvre inférieure, en avant de la mandibule.
Après certaines interventions complémentaires
De petites incisions cutanées peuvent parfois être nécessaires, notamment pour placer certaines vis. Elles sont généralement très discrètes, mais leur soin suit alors les consignes propres aux cicatrices de la peau.
Comment une plaie cicatrise-t-elle dans la bouche ?
La cicatrisation comporte plusieurs phases qui se chevauchent :
- l’arrêt du saignement et la formation d’un caillot de fibrine ;
- la phase inflammatoire ;
- la formation de nouveaux tissus ;
- la fermeture progressive de la muqueuse ;
- le remodelage de la cicatrice.
La muqueuse buccale cicatrise généralement assez rapidement et avec moins de cicatrice visible que la peau. Elle reste néanmoins exposée en permanence à la salive, aux bactéries, aux mouvements de la bouche et aux aliments. PMC
L’aspect de la plaie peut donc changer presque chaque jour sans que cela signifie qu’il existe une complication.
Est-il normal que la cicatrice soit blanche ou jaune ?
Oui, très souvent.
Une couche blanche, crème ou jaune clair peut correspondre à de la fibrine, une substance naturellement présente pendant la cicatrisation.
Elle peut former :
- un voile fin ;
- un dépôt adhérent ;
- une ligne blanchâtre le long de l’incision ;
- une petite plaque jaune pâle.
La fibrine participe à la formation du tissu de réparation. Elle ne doit pas être grattée ni retirée avec une brosse, un coton-tige ou les doigts. Une coloration jaune peut correspondre à de la fibrine, mais un écoulement épais et trouble peut aussi signaler une infection : l’aspect doit donc être interprété avec les autres symptômes. PMC
Comment différencier la fibrine du pus ?
La distinction n’est pas toujours possible sur une photographie.
La fibrine est plutôt :
- collée à la surface de la cicatrice ;
- blanche ou jaune pâle ;
- relativement uniforme ;
- peu liquide ;
- non accompagnée d’une aggravation générale ;
- présente dès les premiers jours.
Le pus est plutôt :
- épais ou crémeux ;
- mobile ou susceptible de s’écouler ;
- jaune foncé, verdâtre ou grisâtre ;
- associé à une mauvaise odeur ou un mauvais goût ;
- accompagné d’une douleur croissante ;
- lié à un gonflement localisé ;
- parfois associé à de la fièvre.
Une infection peut toutefois exister sans fièvre ni pus visible. En cas de doute, il faut transmettre une photographie à l’équipe ou demander un contrôle.
Quel aspect peut avoir une cicatrice normale ?
Pendant la première phase, une cicatrice normale peut être :
- gonflée ;
- rouge ou rosée ;
- sensible ;
- légèrement irrégulière ;
- couverte de fibrine ;
- entourée de petits hématomes ;
- marquée par les fils ;
- légèrement saignante au contact.
Elle peut également sembler plus épaisse ou plus dure pendant plusieurs semaines.
La muqueuse devient ensuite progressivement :
- moins rouge ;
- moins gonflée ;
- plus lisse ;
- plus proche de la couleur des tissus voisins.
Une petite asymétrie entre les deux côtés est fréquente.
Quel type de fils est utilisé dans la bouche ?
Les chirurgiens utilisent souvent des fils résorbables, conçus pour perdre progressivement leur résistance puis se dégrader.
Le type exact peut varier :
- fil tressé ;
- fil monofilament ;
- résorption rapide ;
- résorption plus lente ;
- fil nécessitant exceptionnellement un retrait.
Les matériaux de suture n’ont pas tous le même comportement dans la bouche. Leur durée dépend du matériau, de leur diamètre, de la salive, de l’emplacement et de l’inflammation locale. PubMed
Il ne faut donc pas se fier à un délai unique trouvé en ligne.
Au bout de combien de temps les fils tombent-ils ?
Certains fils commencent à se détendre ou à tomber après une à deux semaines. D’autres peuvent rester visibles plusieurs semaines.
Une étude clinique sur des fils résorbables utilisés en chirurgie orale a montré que leur persistance variait fortement selon le matériau employé. PubMed
Le fil peut :
- ramollir ;
- devenir plus lâche ;
- changer légèrement de couleur ;
- se défaire d’un côté ;
- finir par tomber pendant un repas ou un soin de bouche.
Cela ne signifie pas nécessairement que la cicatrice s’est ouverte.
Est-il normal qu’un fil pende dans la bouche ?
Oui, cela peut arriver lorsque :
- le gonflement diminue ;
- le nœud devient plus mobile ;
- une extrémité a été laissée volontairement assez longue ;
- une partie du fil commence à se résorber ;
- le fil s’est détendu.
Une extrémité peut frotter contre :
- la langue ;
- la joue ;
- la lèvre ;
- la gencive ;
- un bracket.
Ne tirez pas dessus et ne le coupez pas vous-même. Le chirurgien ou l’orthodontiste peut raccourcir une extrémité gênante en quelques secondes lorsque cela est nécessaire.
Puis-je couper un fil qui me gêne ?
Non, pas sans autorisation.
Vous pourriez couper :
- le nœud qui maintient encore la plaie ;
- un fil plus profond que vous ne le pensez ;
- une zone difficile à voir ;
- une muqueuse gonflée ou insensible.
Les ciseaux domestiques ne sont pas stériles et peuvent blesser la bouche.
Lorsque le fil pique fortement, contactez l’équipe. Elle pourra vous conseiller ou organiser une coupe contrôlée.
Que faire si un fil tombe très tôt ?
Un fil qui tombe ne signifie pas automatiquement que la cicatrice va s’ouvrir.
La plaie peut déjà être suffisamment adhérente ou maintenue par d’autres points.
Vérifiez sans tirer fortement sur la lèvre :
- si les bords restent rapprochés ;
- s’il existe un saignement ;
- si une ouverture importante est visible ;
- si la douleur augmente ;
- si du liquide s’écoule.
Prévenez l’équipe lorsque le fil tombe dans les tout premiers jours ou si la cicatrice semble s’écarter.
Peut-on avaler un fil résorbable ?
Oui, cela peut arriver accidentellement lorsqu’un petit fragment se détache.
Il est généralement avalé sans conséquence particulière.
Il ne faut pas essayer de provoquer des vomissements ni s’inquiéter si un petit morceau de fil n’est plus visible.
En cas de toux soudaine, d’étouffement ou de difficulté respiratoire au moment où le fil se détache, contactez immédiatement les secours.
Est-il normal de sentir un nœud dur ?
Oui.
Le nœud peut donner l’impression :
- d’une petite boule ;
- d’une pointe ;
- d’un grain dur ;
- d’un relief sous la lèvre.
Il peut aussi retenir des dépôts alimentaires ou devenir irritant.
Le nœud devient souvent moins perceptible lorsque le gonflement diminue et que le fil se ramollit.
Une boule qui grossit, devient très douloureuse ou s’accompagne de pus doit être examinée.
Pourquoi les fils deviennent-ils noirs ou foncés ?
Certains fils sont naturellement colorés afin d’être plus visibles.
Ils peuvent également retenir :
- du sang séché ;
- des dépôts alimentaires ;
- des colorations dues au bain de bouche ;
- de la plaque bactérienne.
La coloration seule ne signifie pas que le fil est infecté.
Les sutures exposées aux liquides de la bouche peuvent retenir des bactéries, ce qui explique l’importance d’une hygiène douce et régulière. PubMed
Faut-il nettoyer les fils ?
Il faut nettoyer la zone autour des fils sans les frotter agressivement.
Selon les consignes, les soins peuvent comprendre :
- une petite brosse très souple ;
- un bain de bouche prescrit ;
- une solution saline ;
- une irrigation douce autorisée ;
- un rinçage léger après les repas.
Évitez :
- les cotons-tiges qui s’accrochent ;
- les ongles ;
- les objets pointus ;
- l’hydropulseur puissant ;
- les brosses dures ;
- les rinçages vigoureux.
L’objectif est de limiter l’accumulation de résidus sans arracher les fils.
Peut-on brosser directement sur les fils ?
Pas nécessairement pendant les premiers jours.
La brosse peut généralement s’approcher progressivement des sutures, mais elle ne doit pas provoquer :
- une douleur vive ;
- un saignement important ;
- une traction sur les nœuds ;
- une ouverture de la plaie.
Utilisez une brosse à petite tête et à poils souples.
Le protocole dépend de la localisation de la cicatrice et du jour postopératoire.
Est-il normal que la cicatrice saigne un peu ?
Un léger saignement peut se produire :
- pendant le brossage ;
- lorsqu’un fil frotte ;
- après avoir tiré sur la lèvre ;
- après une alimentation un peu plus épaisse ;
- lors de la chute d’un fil ;
- pendant les premiers jours.
Le sang peut se mélanger à la salive et paraître plus abondant qu’il ne l’est réellement.
Un léger suintement qui s’arrête rapidement est différent d’un saignement actif.
Contactez rapidement l’équipe si :
- la bouche se remplit de sang ;
- le saignement continue malgré une compression douce ;
- des caillots importants apparaissent ;
- vous vous sentez faible ou étourdi ;
- le sang vient également du nez en grande quantité.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de saignement abondant ou de malaise.
Que faire si la cicatrice semble ouverte ?
Une petite zone superficielle peut parfois apparaître entre deux points.
Une déhiscence signifie que les bords de la plaie se sont partiellement séparés. Dans une étude rétrospective de 526 patients opérés, une déhiscence a été rapportée chez environ 2 % des patients, mais ce chiffre dépend fortement de la définition utilisée et ne permet pas de prédire le risque individuel. PubMed
Ne tentez pas de refermer la zone vous-même.
Contactez le chirurgien en précisant :
- la date de l’opération ;
- l’emplacement ;
- la taille approximative ;
- la présence d’un saignement ;
- la douleur ;
- l’existence d’un écoulement ;
- la présence éventuelle de métal visible.
Une petite ouverture peut parfois être surveillée et cicatriser progressivement. Une ouverture profonde, infectée ou exposant une plaque nécessite une prise en charge spécifique.
Une cicatrice ouverte doit-elle toujours être recousue ?
Non.
La décision dépend :
- de la taille de l’ouverture ;
- de sa profondeur ;
- de la date de l’intervention ;
- de la présence d’une infection ;
- de l’état de la muqueuse ;
- de la visibilité éventuelle d’une plaque ;
- de la stabilité osseuse.
Certaines petites ouvertures cicatrisent par elles-mêmes avec des soins locaux.
D’autres doivent être nettoyées, traitées ou refermées.
Seul un examen permet de décider.
Est-il normal de voir une petite cavité derrière les molaires ?
Après une chirurgie mandibulaire, la cicatrice peut présenter un creux ou une zone difficile à nettoyer près des molaires.
Ce relief peut correspondre :
- à l’incision ;
- au gonflement environnant ;
- à la forme des tissus ;
- à une petite déhiscence superficielle.
Les aliments peuvent s’y accumuler.
N’introduisez pas un objet profondément dans la cavité. Demandez au chirurgien si une irrigation est nécessaire et à partir de quand elle doit commencer.
Est-il normal de voir une plaque ou une vis ?
Non.
Le matériel d’ostéosynthèse ne doit normalement pas être visible à travers la muqueuse.
Une partie métallique visible peut correspondre à :
- une plaque exposée ;
- une vis ;
- un élément orthodontique, parfois confondu avec le matériel chirurgical.
Prenez une photographie si possible et contactez l’équipe.
Une exposition ne signifie pas automatiquement qu’il faudra retirer immédiatement la plaque, mais elle doit être examinée en raison du contact avec les bactéries buccales.
Pourquoi la cicatrice forme-t-elle une boule ?
Une petite boule peut correspondre :
- au nœud d’un fil ;
- à un gonflement localisé ;
- à du tissu cicatriciel ;
- à un granulome réactionnel ;
- à une irritation ;
- plus rarement, à une infection.
Observez son évolution.
Une petite boule stable et peu douloureuse peut être surveillée. Une masse qui augmente, devient rouge, douloureuse ou produit un liquide doit être montrée au chirurgien.
Pourquoi la cicatrice est-elle dure ?
Pendant la réparation, les tissus produisent du collagène. La cicatrice peut donc devenir plus ferme avant de s’assouplir progressivement.
La dureté peut également être liée :
- au gonflement ;
- à l’inflammation ;
- aux tissus profonds ;
- au matériel situé sous la muqueuse.
Ne massez pas fortement la zone sans autorisation.
La maturation d’une cicatrice se poursuit pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Les fils peuvent-ils provoquer une inflammation ?
Oui.
Un fil peut occasionner :
- une rougeur localisée ;
- une irritation ;
- une petite ulcération ;
- une sensibilité ;
- un gonflement autour du nœud.
Il peut également retenir davantage de plaque.
Cette réaction reste souvent limitée et disparaît après la résorption ou le retrait du fil.
Une douleur qui s’intensifie, du pus ou un gonflement étendu font davantage suspecter une infection.
Peut-on être allergique aux fils ?
Une véritable réaction allergique est possible mais peu fréquente.
Elle peut être difficile à distinguer d’une irritation mécanique ou inflammatoire.
Prévenez l’équipe en cas de :
- gonflement inhabituel autour de plusieurs fils ;
- brûlure importante ;
- démangeaisons ;
- lésions diffuses ;
- réaction cutanée ;
- aggravation rapide.
Une difficulté respiratoire ou un gonflement soudain de la langue constitue une urgence.
Pourquoi la cicatrice sent-elle mauvais ?
Une mauvaise odeur peut être liée à :
- des aliments coincés ;
- de la plaque ;
- du sang séché ;
- un fil chargé de dépôts ;
- une gouttière ;
- une hygiène rendue difficile ;
- une infection.
Une odeur isolée n’est pas suffisante pour diagnostiquer une infection.
Elle devient plus préoccupante lorsqu’elle est associée à :
- un mauvais goût persistant ;
- du pus ;
- une douleur croissante ;
- un regonflement ;
- de la fièvre ;
- une ouverture de la plaie.
Est-il normal d’avoir mauvais goût dans la bouche ?
Oui, surtout pendant les premiers jours.
Le mauvais goût peut provenir :
- du sang ;
- des fils ;
- des cicatrices ;
- du bain de bouche ;
- des médicaments ;
- des sécrétions nasales ;
- de la difficulté à nettoyer les molaires.
Un goût très désagréable qui apparaît tardivement, persiste et s’accompagne d’un écoulement localisé doit être signalé.
Combien de temps faut-il pour que les plaies se ferment ?
La surface de la muqueuse peut se refermer en quelques semaines, mais les tissus profonds continuent à se renforcer bien plus longtemps.
La fermeture visible ne signifie pas que :
- l’os est consolidé ;
- les tissus ont retrouvé leur résistance normale ;
- la mastication peut reprendre librement ;
- les restrictions sont terminées.
La consolidation osseuse et la cicatrisation de la muqueuse suivent des calendriers différents.
Pourquoi une zone reste-t-elle sensible plusieurs semaines ?
La sensibilité peut persister en raison :
- du tissu cicatriciel ;
- d’un fil qui se résorbe ;
- d’une irritation locale ;
- de la reprise du brossage ;
- de tensions de la lèvre ou de la joue ;
- de la récupération nerveuse ;
- du matériel situé sous les tissus.
Une sensibilité qui diminue progressivement est généralement rassurante.
Une douleur qui augmente après une période d’amélioration doit être évaluée.
Le tabac peut-il empêcher la cicatrisation ?
Le tabac et la nicotine peuvent nuire à la vascularisation, à la réponse immunitaire et à la cicatrisation.
Ils sont aussi associés à davantage de complications et de retraits de matériel dans certaines études orthognathiques. PubMed
Le vapotage nicotiné ne doit pas être considéré comme neutre pour les tissus opérés.
Une aide au sevrage peut être demandée avant et après l’intervention.
Les antibiotiques empêchent-ils l’ouverture des plaies ?
Non.
Les antibiotiques agissent sur certaines infections bactériennes, mais ils ne compensent pas :
- une tension mécanique ;
- un traumatisme ;
- une mauvaise vascularisation ;
- un fil arraché ;
- une cicatrice fortement sollicitée.
La prévention antibiotique après chirurgie orthognathique reste un sujet étudié. Une méta-analyse de 2024 suggère qu’une prophylaxie de deux à sept jours réduit davantage les infections qu’un protocole d’un seul jour, mais les essais disponibles sont peu nombreux et présentent des risques de biais. Le protocole doit donc rester celui du chirurgien. PubMed
Ne commencez pas, ne prolongez pas et ne reprenez pas des antibiotiques sans prescription.
Combien d’infections surviennent après une chirurgie orthognathique ?
Les taux varient selon :
- la définition de l’infection ;
- la durée du suivi ;
- les interventions ;
- les pratiques antibiotiques ;
- les caractéristiques des patients.
Une étude française récente portant sur 736 interventions réalisées entre 2019 et 2024 a rapporté 37 infections du site opératoire, soit 5 %. Ce chiffre décrit une population hospitalière précise et ne constitue pas un risque universel applicable à chaque patient. PubMed
L’infection reste donc une complication connue, mais elle ne concerne pas la majorité des patients.
Quels signes doivent faire contacter le chirurgien ?
Contactez l’équipe si vous observez :
- une douleur qui augmente ;
- un gonflement localisé qui apparaît ou réapparaît ;
- une cicatrice qui s’écarte ;
- un écoulement épais ;
- du pus ;
- un mauvais goût persistant ;
- une mauvaise odeur associée à d’autres symptômes ;
- une plaque ou une vis visible ;
- un saignement répété ;
- de la fièvre ;
- des frissons ;
- une difficulté croissante à ouvrir la bouche ;
- un changement de l’occlusion ;
- une dégradation de l’état général.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de :
- difficulté respiratoire ;
- gonflement rapide de la langue, de la bouche ou du cou ;
- saignement abondant ;
- malaise sévère ;
- sensation d’étouffement.
Que ne faut-il surtout pas faire ?
Évitez de :
- tirer sur les fils ;
- les couper vous-même ;
- gratter la fibrine ;
- introduire un objet dans une plaie ;
- percer une boule ;
- presser un écoulement ;
- appliquer de l’alcool ou de l’eau oxygénée sans prescription ;
- utiliser un hydropulseur puissant ;
- photographier la cicatrice en tirant fortement les lèvres ;
- prendre des antibiotiques restants ;
- attendre plusieurs jours devant une aggravation claire.
Comment regarder ses cicatrices sans les traumatiser ?
Installez-vous devant un miroir avec une lumière suffisante.
Lavez-vous les mains, puis soulevez très légèrement la lèvre sans exercer une traction importante.
Évitez :
- d’ouvrir la bouche au maximum ;
- de tirer sur la joue ;
- de toucher la plaie avec les doigts ;
- de répéter l’inspection plusieurs fois par jour.
Une photographie prise dans les mêmes conditions peut être utile pour suivre une zone ou l’envoyer à l’équipe.
Questions fréquentes
Est-ce normal d’avoir du blanc sur les cicatrices ?
Oui. Il s’agit souvent de fibrine, une couche normale de cicatrisation. Elle ne doit pas être grattée.
Quand les fils résorbables disparaissent-ils ?
Cela varie selon le matériau. Certains se détachent après une à deux semaines, d’autres persistent plusieurs semaines.
Puis-je couper un fil qui pique ?
Non. Demandez à l’équipe de le raccourcir.
Est-ce grave si j’avale un morceau de fil ?
Un petit fragment avalé accidentellement est généralement sans conséquence.
Un fil tombé signifie-t-il que la plaie est ouverte ?
Pas forcément. Vérifiez l’aspect de la cicatrice et prévenez le chirurgien si cela survient très tôt ou si les bords s’écartent.
Est-il normal que la cicatrice soit dure ?
Oui, une fermeté temporaire peut apparaître pendant la cicatrisation.
Une mauvaise odeur signifie-t-elle une infection ?
Pas toujours. Elle peut venir des dépôts ou du sang séché. Elle devient plus préoccupante avec une douleur croissante, du pus, de la fièvre ou un regonflement.
Une petite ouverture peut-elle se refermer seule ?
Oui, certaines ouvertures superficielles cicatrisent sans nouvelle suture, mais elles doivent être évaluées.
Faut-il retirer les fils qui ne sont pas tombés ?
Parfois. Le chirurgien peut enlever un fil persistant, irritant ou chargé de dépôts.
Puis-je mettre un gel cicatrisant dans la bouche ?
Uniquement après validation du chirurgien. Un produit destiné à la peau n’est pas nécessairement adapté à la muqueuse buccale.
À retenir
- Les incisions de chirurgie orthognathique se trouvent généralement à l’intérieur de la bouche.
- Une couche blanche ou jaune pâle correspond souvent à de la fibrine et non à du pus.
- Les fils sont souvent résorbables, mais leur disparition peut prendre plusieurs semaines.
- Un fil qui pend ou pique ne doit pas être coupé à la maison.
- Un léger saignement ou une petite irrégularité peuvent être compatibles avec une cicatrisation normale.
- Une petite ouverture de la plaie n’impose pas toujours une nouvelle suture, mais elle doit être signalée.
- Une plaque ou une vis visible n’est pas normale.
- Une douleur croissante, un regonflement, du pus ou de la fièvre doivent faire contacter l’équipe.
- Il ne faut ni gratter la cicatrice ni introduire un objet dans la plaie.
- La fermeture de la muqueuse ne signifie pas que l’os est déjà consolidé.
Ce contenu fournit des informations générales. Il ne remplace pas l’examen, les consignes ni le suivi de votre chirurgien ou de votre équipe soignante.
Références scientifiques
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