Accueil / Kinésithérapie maxillo-faciale après une chirurgie des mâchoires : quand commencer et à quoi sert-elle ?

Après une chirurgie orthognathique, certains patients récupèrent progressivement sans rééducation formelle. D'autres sont orientés vers un kinésithérapeute pour améliorer l'ouverture de bouche, retrouver des mouvements plus fluides, diminuer certaines tensions ou réapprendre à utiliser leur visage.

La kinésithérapie maxillo-faciale peut notamment concerner :

  • l'ouverture et les mouvements de la mandibule ;
  • les tensions des muscles masticateurs ;
  • la mobilité des lèvres et des joues ;
  • le sourire et les expressions faciales ;
  • la déglutition et la posture linguale ;
  • certaines cicatrices ;
  • la sensibilité du visage ;
  • la posture de la tête et du cou ;
  • la reprise progressive de la mastication.

Elle n'est toutefois ni systématiquement obligatoire ni identique pour tous les patients.

Une revue systématique publiée en 2023 n'a retrouvé que cinq essais randomisés consacrés à la physiothérapie après chirurgie orthognathique. Les interventions étudiées et leurs résultats étaient très hétérogènes. Les preuves restent donc limitées pour de nombreuses techniques, même si certains programmes paraissent utiles dans des situations précises (source).

Le calendrier et les exercices doivent toujours respecter les consignes du chirurgien.

Pour le déroulé concret d'un suivi, séance par séance, consultez notre page dédiée : Comment se déroule la kinésithérapie après une chirurgie des mâchoires ?

La kinésithérapie est-elle obligatoire après une chirurgie orthognathique ?

Non.

Certains chirurgiens la prescrivent presque systématiquement. D'autres la proposent seulement lorsque la récupération est lente ou lorsqu'un problème précis apparaît.

Elle peut être particulièrement pertinente en cas de :

  • limitation importante de l'ouverture de bouche ;
  • stagnation de la progression ;
  • déviation de la mandibule à l'ouverture ;
  • tensions musculaires ;
  • douleur devant les oreilles ;
  • difficulté à retrouver un sourire naturel ;
  • gêne pour parler ou avaler ;
  • cicatrices adhérentes ;
  • mauvaise coordination des lèvres ou de la langue ;
  • appréhension importante du mouvement ;
  • troubles sensitifs gênants.

L'absence de prescription immédiate ne signifie pas nécessairement que le suivi est incomplet. De nombreux patients reçoivent d'abord des exercices simples à réaliser à domicile, puis sont adressés si leur progression n'est pas suffisante.

À quoi sert un kinésithérapeute maxillo-facial ?

Son rôle ne consiste pas uniquement à « ouvrir davantage la bouche ».

Il peut commencer par évaluer :

  • l'ouverture maximale confortable ;
  • les mouvements latéraux de la mandibule ;
  • la propulsion ;
  • la présence d'une déviation ;
  • les douleurs ;
  • les tensions musculaires ;
  • l'état des cicatrices ;
  • la mobilité des lèvres ;
  • la coordination du sourire ;
  • la sensibilité ;
  • la posture cervicale ;
  • la respiration ;
  • la déglutition.

Il construit ensuite une prise en charge adaptée au stade de récupération et aux restrictions chirurgicales.

Les objectifs doivent être fonctionnels : pouvoir assurer l'hygiène, manger selon la texture autorisée, parler plus confortablement, retrouver des expressions naturelles et reprendre progressivement les activités quotidiennes.

Quand commencer la kinésithérapie ?

Il n'existe pas de date universelle.

Selon le type d'intervention, la kinésithérapie peut débuter :

  • pendant les premiers jours pour des soins très doux ;
  • après la première consultation postopératoire ;
  • après le retrait d'une fixation intermaxillaire ;
  • après quelques semaines ;
  • plus tard si la consolidation nécessite une protection prolongée.

Une étude prospective portant sur 63 patients opérés des deux mâchoires pour une classe III a comparé une rééducation systématique précoce à l'absence de physiothérapie. Certaines amplitudes mandibulaires récupéraient plus rapidement dans le groupe rééduqué, mais les différences devenaient moins nettes avec le temps (source).

Un essai randomisé de 2025 mené auprès de 44 patients a également observé une récupération initiale plus rapide des mouvements mandibulaires et une diminution de la douleur avec des exercices actifs commencés après le retrait de la fixation intermaxillaire. Ce protocole précis ne doit cependant pas être appliqué automatiquement à tous les patients (source).

La bonne question n'est donc pas uniquement « combien de jours après l'opération ? », mais : mon chirurgien considère-t-il que mes os, mon occlusion et mes tissus peuvent maintenant être mobilisés de cette manière ?

Peut-on consulter avant l'opération ?

Oui.

Une consultation préopératoire peut permettre :

  • de mesurer l'ouverture initiale ;
  • d'identifier des douleurs ou tensions déjà présentes ;
  • d'évaluer la posture ;
  • de préparer les exercices qui seront éventuellement réalisés après l'intervention ;
  • de comprendre comment protéger les articulations ;
  • d'anticiper les difficultés de respiration, de déglutition ou de mobilité.

Cette consultation n'est pas indispensable à tous les patients, mais elle peut être utile lorsqu'il existe déjà :

  • un trouble de l'articulation temporo-mandibulaire ;
  • une limitation d'ouverture ;
  • une asymétrie fonctionnelle ;
  • des douleurs musculaires ;
  • une mauvaise posture linguale ;
  • une appréhension importante.

Le kinésithérapeute ne doit pas modifier le plan chirurgical ni promettre une récupération précise.

Quels exercices peut proposer le kinésithérapeute ?

Selon le stade et l'autorisation obtenue, il peut proposer :

  • des ouvertures actives contrôlées ;
  • des mouvements latéraux ;
  • une propulsion douce ;
  • des exercices de coordination devant un miroir ;
  • des maintiens en ouverture ;
  • une mobilisation progressive des lèvres ;
  • des exercices de sourire ;
  • des mouvements de la langue ;
  • un travail respiratoire ;
  • des exercices cervicaux ;
  • une reprise fonctionnelle de la mastication ;
  • une rééducation sensorielle.

Le programme doit être individualisé.

Une personne portant des élastiques serrés, une gouttiere ou une fixation ne reçoit pas nécessairement les mêmes exercices qu'une personne déjà autorisée à mobiliser librement sa mandibule.

Le kinésithérapeute peut-il forcer l'ouverture de bouche ?

La mobilisation ne doit pas être brutale.

Une tension modérée peut faire partie de certains exercices, mais une pression forte ne doit pas provoquer :

  • une douleur vive ;
  • un changement de l'occlusion ;
  • un claquement brutal ;
  • une sensation de déplacement ;
  • un saignement ;
  • une aggravation durable du gonflement ;
  • une douleur articulaire persistante.

Le fait qu'une technique soit réalisée par un professionnel ne signifie pas qu'elle doit être douloureuse.

Le kinésithérapeute doit connaître :

  • la date de l'intervention ;
  • les ostéotomies réalisées ;
  • les restrictions du chirurgien ;
  • le port d'élastiques ;
  • les éventuelles complications ;
  • la progression de la consolidation.

Une manipulation forcée sans information sur le geste chirurgical doit inciter à la prudence.

La séance doit-elle faire mal pour être efficace ?

Non.

Une gêne ou une tension légère peuvent apparaître lorsque l'on mobilise une zone raide. Elles doivent rester contrôlables et diminuer rapidement après la séance.

Une séance trop intense peut entraîner :

  • une augmentation de la douleur ;
  • une inflammation ;
  • une fatigue musculaire ;
  • une appréhension accrue ;
  • une diminution temporaire de l'ouverture ;
  • une perte de confiance.

Le patient doit pouvoir signaler qu'un geste est trop douloureux sans être culpabilisé.

Le principe « il faut souffrir pour progresser » n'est pas adapté à une récupération chirurgicale récente.

La kinésithérapie peut-elle accélérer le retour de l'ouverture de bouche ?

Elle peut aider certains patients à récupérer plus rapidement au début, surtout lorsqu'un programme régulier d'exercices actifs est indiqué.

L'essai randomisé publié en 2025 a retrouvé une récupération initiale plus rapide des mouvements dans le groupe réalisant des exercices mandibulaires actifs. À douze semaines, le groupe témoin avait également progressé, ce qui montre que la récupération naturelle joue un rôle majeur (source).

La revue systématique de 2023 conclut toutefois que les preuves globales concernant l'amplitude, la douleur, l'œdème et la force musculaire restent limitées en raison du faible nombre d'études et de leur qualité méthodologique variable (source).

La kinésithérapie doit donc être présentée comme une aide possible, et non comme la garantie d'une récupération plus rapide ou complète.

Peut-elle aider à retrouver un sourire naturel ?

Oui, dans certaines situations.

Après l'opération, le sourire peut être perturbé par :

  • le gonflement ;
  • la diminution de sensibilité ;
  • la raideur des lèvres ;
  • la fatigue musculaire ;
  • la peur du mouvement ;
  • la nouvelle position du squelette ;
  • les cicatrices internes.

Le kinésithérapeute peut proposer un travail sur :

  • la fermeture des lèvres ;
  • leur mobilité indépendante ;
  • la symétrie du sourire ;
  • les commissures ;
  • les expressions ;
  • la coordination entre les lèvres et les joues.

Un essai randomisé récent portant sur 56 patients de classe II a étudié un programme structuré de rééducation des muscles oro-faciaux et rapporté une amélioration de certains paramètres de récupération des expressions faciales. Comme il s'agit d'un protocole et d'une population spécifiques, ces résultats ne permettent pas de prescrire la même rééducation à tous les opérés (source).

Peut-elle améliorer la sensibilité ?

Un kinésithérapeute peut participer à une rééducation sensorielle, mais il ne peut pas « réparer » mécaniquement un nerf.

La rééducation peut utiliser :

  • le toucher léger ;
  • différentes textures ;
  • la localisation d'un contact ;
  • le miroir ;
  • la comparaison entre les deux côtés ;
  • des stimulations progressives.

L'objectif est notamment d'aider le cerveau à mieux interpréter les informations transmises par une zone dont la sensibilité a changé.

Certaines approches comme la photobiomodulation ont également été étudiées. Une revue systématique publiée en 2025 a retrouvé des résultats encourageants pour certains troubles sensitifs, mais avec des protocoles très variables concernant les appareils, les doses et les calendriers (source).

Une lampe ou un dispositif esthétique grand public ne peut pas être considéré comme équivalent aux traitements étudiés.

Peut-elle faire dégonfler le visage ?

Le kinésithérapeute peut parfois réaliser un drainage lymphatique manuel très doux.

Ce drainage vise à accompagner la circulation des liquides, mais il ne supprime pas instantanément l'œdème.

Il faut distinguer :

  • le drainage lymphatique superficiel ;
  • le massage musculaire ;
  • la mobilisation des cicatrices ;
  • les exercices actifs.

Ces techniques n'ont pas les mêmes objectifs et ne débutent pas nécessairement au même moment.

La revue systématique de 2023 conclut que les effets globaux des interventions physiothérapiques sur l'œdème restent limités ou incertains dans les essais disponibles (source).

Un visage qui regonfle brutalement ne doit pas être traité uniquement par un drainage : une infection ou une autre complication doit d'abord être éliminée. Pour comprendre l'évolution normale du gonflement, consultez : Gonflement après une chirurgie de la mâchoire : évolution jour après jour.

Peut-elle soulager les tensions des masséters ?

Oui.

Les muscles masticateurs peuvent devenir tendus en raison :

  • de l'immobilité ;
  • des élastiques ;
  • du changement d'occlusion ;
  • du stress ;
  • de la reprise des mouvements ;
  • du serrement des dents ;
  • de la mastication encore inhabituelle.

Le kinésithérapeute peut utiliser, selon le stade :

  • des exercices actifs ;
  • des techniques manuelles ;
  • un travail de relâchement ;
  • la respiration ;
  • des exercices cervicaux ;
  • des conseils concernant les habitudes de serrement.

Un massage profond n'est pas indiqué automatiquement pendant la période postopératoire précoce.

Peut-elle aider en cas de douleurs articulaires ?

Elle peut participer à la prise en charge après vérification du diagnostic.

Les symptômes de l'articulation temporo-mandibulaire peuvent :

  • s'améliorer après la chirurgie ;
  • rester stables ;
  • apparaître ou s'aggraver chez certains patients.

Les revues systématiques montrent que l'évolution articulaire est variable et difficile à prédire individuellement (source, source).

Une douleur devant l'oreille peut aussi provenir :

  • d'un muscle ;
  • d'une limitation d'ouverture ;
  • d'une surcharge ;
  • d'un problème d'occlusion ;
  • plus rarement d'une complication.

Le kinésithérapeute ne doit pas tenter de « remettre l'articulation en place » sans diagnostic ni coordination avec le chirurgien.

Peut-elle corriger une déviation à l'ouverture ?

Une déviation légère peut être liée :

  • au gonflement asymétrique ;
  • à la tension musculaire ;
  • à la coordination ;
  • à l'appréhension ;
  • à une mobilité différente entre les deux côtés.

Le travail devant un miroir et certains exercices peuvent améliorer le contrôle du mouvement.

Une déviation marquée, nouvelle ou accompagnée de douleur, de blocage, de claquement brutal, d'un changement d'occlusion ou d'une limitation croissante, doit être évaluée par le chirurgien avant d'être considérée comme un simple problème de rééducation.

Peut-elle aider à remanger normalement ?

La reprise alimentaire dépend d'abord de l'autorisation chirurgicale.

Le kinésithérapeute peut ensuite aider à retrouver :

  • la coordination de la mastication ;
  • les mouvements latéraux ;
  • une mobilisation équilibrée des deux côtés ;
  • une force progressive ;
  • une posture adaptée ;
  • une déglutition plus confortable.

Il ne doit jamais encourager la mastication d'une texture non autorisée pour « renforcer les muscles ».

La cicatrisation musculaire et la consolidation osseuse ne suivent pas le même calendrier.

Kinésithérapeute ou orthophoniste : qui consulter ?

Les rôles peuvent se compléter.

Le kinésithérapeute intervient surtout sur :

  • la mobilité mandibulaire ;
  • les muscles ;
  • les articulations ;
  • les cicatrices ;
  • la posture ;
  • les tensions cervicales ;
  • la rééducation sensorielle ;
  • certaines fonctions oro-faciales.

L'orthophoniste peut intervenir davantage sur :

  • la déglutition ;
  • la posture de la langue ;
  • l'articulation de la parole ;
  • certaines habitudes fonctionnelles ;
  • la respiration oro-nasale ;
  • les troubles oro-myo-fonctionnels.

Selon la situation, une prise en charge conjointe peut être utile.

Le chirurgien et l'orthodontiste doivent préciser l'objectif du suivi afin d'éviter des consignes contradictoires.

Comment choisir un kinésithérapeute maxillo-facial ?

Privilégiez un professionnel ayant une expérience réelle de :

  • la chirurgie orthognathique ;
  • la chirurgie maxillo-faciale ;
  • l'articulation temporo-mandibulaire ;
  • la rééducation oro-faciale ;
  • la récupération de l'ouverture de bouche.

Vous pouvez lui demander :

  • Suivez-vous régulièrement des patients opérés des mâchoires ?
  • Connaissez-vous les ostéotomies de Le Fort I et sagittales mandibulaires ?
  • Travaillez-vous avec des chirurgiens maxillo-faciaux ?
  • Demandez-vous le compte rendu opératoire ?
  • À partir de quand commencez-vous les mobilisations ?
  • Comment adaptez-vous les exercices aux élastiques ?
  • Utilisez-vous des techniques forcées ?
  • Comment mesurez-vous la progression ?
  • Comment communiquez-vous avec le chirurgien en cas de doute ?

La mention « kinésithérapie maxillo-faciale » n'est pas toujours suffisante. Un professionnel peut être surtout spécialisé dans les troubles articulaires non chirurgicaux sans avoir l'habitude des suites d'ostéotomie.

Quels documents apporter au premier rendez-vous ?

Apportez idéalement :

  • l'ordonnance ;
  • la date de l'opération ;
  • le compte rendu opératoire ;
  • le type d'intervention ;
  • les consignes de sortie ;
  • les restrictions alimentaires ;
  • le schéma des élastiques ;
  • les éventuelles complications ;
  • les coordonnées du chirurgien ;
  • les exercices déjà prescrits.

Signalez également :

  • une douleur articulaire ancienne ;
  • une limitation préopératoire ;
  • une perte de sensibilité ;
  • une infection ;
  • un problème de cicatrice ;
  • un changement récent de l'occlusion.

Faut-il une ordonnance ?

En France, la prescription et les modalités de remboursement peuvent dépendre du parcours de soins, du type de prise en charge et des règles en vigueur.

Demandez au chirurgien, au médecin traitant ou au service hospitalier s'il faut une ordonnance et ce qu'elle doit préciser.

Une formulation détaillée peut aider à orienter le suivi, par exemple :

  • rééducation maxillo-faciale postopératoire ;
  • limitation d'ouverture buccale ;
  • rééducation des fonctions oro-faciales ;
  • prise en charge des cicatrices et tensions musculaires.

Le nombre de séances nécessaire ne peut pas être décidé uniquement à partir de l'intitulé de l'opération.

Combien de séances faut-il prévoir ?

Il n'existe pas de nombre standard.

Certaines personnes ont seulement besoin :

  • d'une évaluation ;
  • de quelques séances ;
  • d'un programme d'exercices à domicile.

D'autres nécessitent un suivi plus long en raison :

  • d'une raideur persistante ;
  • d'un trouble fonctionnel ;
  • de douleurs ;
  • d'une récupération lente ;
  • d'un problème articulaire ;
  • de cicatrices ;
  • d'une atteinte sensitive.

Le suivi doit être réévalué régulièrement.

Des séances répétées sans objectif mesurable ni progression ne sont pas nécessairement utiles.

À quelle fréquence faut-il consulter ?

La fréquence dépend :

  • du stade postopératoire ;
  • du problème principal ;
  • de l'autonomie du patient ;
  • de la nécessité d'ajuster les exercices ;
  • de l'évolution ;
  • des possibilités de déplacement.

Les exercices réalisés correctement à domicile occupent souvent une place importante entre les consultations.

Une fréquence élevée ne garantit pas un meilleur résultat si les séances sont trop agressives ou si le patient ne comprend pas les objectifs.

Comment mesurer les progrès ?

Le suivi peut porter sur :

  • l'ouverture maximale confortable ;
  • les mouvements latéraux ;
  • la propulsion ;
  • la douleur ;
  • la déviation ;
  • la capacité à introduire une cuillère ou une brosse ;
  • la durée de parole ;
  • le sourire ;
  • la mastication ;
  • la gêne ressentie.

Il est préférable de mesurer dans des conditions comparables.

Une amélioration fonctionnelle peut être importante même lorsque la mesure en millimètres change peu.

À l'inverse, une grande ouverture obtenue en forçant ne signifie pas que la fonction est confortable ou stable.

Peut-on faire les exercices seul à la maison ?

Oui, lorsque le programme a été expliqué et autorisé.

Pour qu'un exercice soit sûr, vous devez savoir :

  • dans quelle position le réaliser ;
  • jusqu'où aller ;
  • combien de répétitions faire ;
  • combien de fois par jour ;
  • quelle sensation est acceptable ;
  • dans quels cas l'arrêter ;
  • comment tenir compte des élastiques.

Évitez de multiplier les programmes trouvés sur Internet.

Deux exercices apparemment similaires peuvent être destinés à des phases différentes de récupération.

Que faire si les exercices font regonfler ou augmenter la douleur ?

Une petite fatigue temporaire peut survenir.

Réduisez ou interrompez le programme et contactez le professionnel si vous observez :

  • une douleur importante ;
  • une augmentation durable du gonflement ;
  • une diminution de l'ouverture le lendemain ;
  • un claquement nouveau ;
  • un blocage ;
  • un changement de l'occlusion ;
  • un saignement ;
  • une douleur autour des plaques ;
  • une sensation de déplacement.

Le programme doit alors être ajusté et une complication éventuellement recherchée.

Quels signes montrent qu'une prise en charge n'est pas adaptée ?

Soyez prudent si le professionnel :

  • ne demande pas quelle chirurgie a été réalisée ;
  • ne connaît pas la date de l'opération ;
  • ignore les consignes du chirurgien ;
  • force malgré une douleur vive ;
  • promet de récupérer toute la sensibilité ;
  • affirme pouvoir déplacer les os manuellement ;
  • conseille de retirer les élastiques sans autorisation ;
  • impose la mastication d'aliments non autorisés ;
  • applique de la chaleur ou une forte pression sur une zone engourdie ;
  • refuse de contacter le chirurgien malgré une anomalie.

Une bonne prise en charge doit être coordonnée et progressive.

Quand faut-il recontacter le chirurgien plutôt que poursuivre la kinésithérapie ?

Contactez le chirurgien si :

  • l'occlusion change ;
  • la mâchoire semble mobile ;
  • un gonflement réapparaît ;
  • une fièvre survient ;
  • du pus ou un écoulement apparaît ;
  • une douleur augmente rapidement ;
  • l'ouverture diminue brutalement ;
  • la mandibule se bloque ;
  • une plaque devient visible ;
  • un traumatisme a eu lieu ;
  • le kinésithérapeute observe une anomalie inhabituelle.

La kinésithérapie ne doit pas retarder le diagnostic d'une complication. Pour l'ensemble des signes qui doivent faire contacter le chirurgien, consultez : Quels sont les risques d'une chirurgie orthognathique ?

Questions fréquentes

Tous les patients doivent-ils faire de la kinésithérapie ?

Non. Elle peut être prescrite systématiquement par certaines équipes ou proposée seulement en cas de difficulté.

Quand commencer ?

À la date autorisée par le chirurgien. Certains soins débutent tôt, tandis que les mobilisations plus importantes peuvent être différées.

Faut-il attendre que les os soient complètement consolidés ?

Pas nécessairement pour tous les exercices, mais la mobilisation doit respecter la stabilité et les restrictions chirurgicales.

Les séances doivent-elles être douloureuses ?

Non. Une tension modérée peut être acceptable, mais une douleur vive ou persistante ne doit pas être recherchée.

La kinésithérapie permet-elle de dégonfler plus vite ?

Le drainage peut accompagner la résorption, mais l'effet démontré reste limité et le gonflement diminue principalement avec le temps.

Peut-elle faire revenir la sensibilité ?

Elle peut participer à une rééducation sensorielle, mais elle ne garantit pas la récupération d'un nerf.

Combien de séances faut-il ?

Cela dépend du problème et de la progression. Aucun nombre fixe ne convient à tous les patients.

Kinésithérapeute ou orthophoniste ?

Le kinésithérapeute travaille davantage sur la mobilité, les muscles et les cicatrices ; l'orthophoniste sur la parole, la langue et la déglutition. Les prises en charge peuvent se compléter.

Puis-je consulter un kinésithérapeute spécialisé dans l'ATM ?

Oui, à condition qu'il connaisse également les restrictions propres à la chirurgie orthognathique récente.

Peut-on poursuivre malgré un changement d'occlusion ?

Non sans avis. Un changement d'occlusion doit d'abord être signalé au chirurgien.

À retenir

  • La kinésithérapie maxillo-faciale n'est pas systématiquement obligatoire.
  • Elle peut aider à récupérer l'ouverture, les mouvements, les expressions et certaines fonctions.
  • Sa date de début dépend du protocole chirurgical.
  • Les preuves scientifiques restent limitées pour de nombreuses techniques.
  • Les exercices actifs précoces peuvent accélérer la récupération initiale chez certains patients sélectionnés.
  • Les mobilisations ne doivent pas être brutales.
  • La douleur vive n'est pas nécessaire pour progresser.
  • Le kinésithérapeute doit connaître le type d'intervention et les restrictions.
  • L'orthophonie peut compléter la prise en charge pour la langue, la parole et la déglutition.
  • Un changement d'occlusion, un regonflement ou une douleur croissante doivent être signalés au chirurgien.
Le soutien de la communauté

Les questions sur la rééducation, le rythme des progrès ou la comparaison avec d'autres opérés reviennent souvent pendant la convalescence. Le groupe Facebook Nouvelles Mâchoires Nouvelle Vie réunit des opérés et futurs opérés des mâchoires qui peuvent partager leur expérience de la kinésithérapie.

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Ce contenu fournit des informations générales. Il ne remplace pas l'examen, la prescription ni les consignes de votre chirurgien, de votre orthodontiste ou de votre kinésithérapeute.

Références scientifiques

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