Reprendre la mastication après une chirurgie des mâchoires : quand et comment recommencer à mâcher ?
Après une chirurgie orthognathique, remanger ne signifie pas seulement réussir à avaler des aliments plus épais.
Il faut aussi réapprendre progressivement à :
- ouvrir suffisamment la bouche ;
- placer les aliments entre les dents ;
- coordonner la langue, les joues et les lèvres ;
- déplacer la mandibule ;
- utiliser les deux côtés ;
- doser la force de morsure ;
- reconnaître les nouvelles sensations de contact entre les dents ;
- faire confiance à une mâchoire encore sensible.
Les premières tentatives peuvent sembler très maladroites. Certains patients ont l'impression que leurs dents ne savent plus comment se rencontrer, que les muscles sont trop faibles ou qu'ils risquent de déplacer les os en mâchant.
La récupération de la mastication est progressive. Les difficultés de fonction orale sont souvent parmi les symptômes qui mettent le plus longtemps à se résoudre après une chirurgie orthognathique, avec une amélioration importante généralement observée pendant les premières semaines, puis une adaptation qui peut se poursuivre pendant plusieurs mois.
Le calendrier alimentaire donné par le chirurgien reste prioritaire. La capacité à mâcher ne signifie pas forcément que les os sont prêts à supporter tous les aliments.
Quand peut-on recommencer à mâcher après une chirurgie des mâchoires ?
Il n'existe pas de date identique pour tous les patients.
La reprise dépend notamment :
- du type d'intervention ;
- du nombre de mâchoires opérées ;
- de la stabilité de la fixation ;
- de la consolidation osseuse ;
- du port d'élastiques ;
- de la présence d'une gouttière ;
- d'une éventuelle complication ;
- des habitudes de l'équipe chirurgicale.
Selon les protocoles, le patient peut passer successivement par :
- une alimentation liquide ;
- une alimentation mixée ou lisse ;
- une alimentation très molle sans véritable mastication ;
- une mastication légère ;
- une alimentation progressivement plus ferme ;
- un retour vers une alimentation habituelle.
Ces étapes ne doivent pas être avancées uniquement parce que la douleur diminue.
Pourquoi les chirurgiens donnent-ils des délais alimentaires différents ?
Deux patients ayant tous les deux subi une chirurgie bimaxillaire peuvent recevoir des consignes différentes.
Les variations peuvent s'expliquer par :
- la technique opératoire ;
- les mouvements réalisés ;
- la qualité osseuse ;
- la stabilité obtenue ;
- le type de plaques et de vis ;
- une segmentation du maxillaire ;
- une génioplastie associée ;
- une greffe ;
- une fracture défavorable ;
- une infection ;
- une reprise chirurgicale ;
- l'occlusion postopératoire.
Le protocole d'un autre patient ne doit donc pas remplacer celui de votre chirurgien.
Quelle différence entre alimentation molle et alimentation sans mastication ?
Ces deux notions sont souvent confondues.
Une alimentation sans mastication
Les aliments peuvent être avalés sans être broyés entre les molaires. Il peut s'agir de soupe épaisse, purée lisse, yaourt, compote, œufs très tendres écrasés, poisson finement émietté, ou préparations mixées.
Une alimentation molle avec mastication légère
Elle demande déjà un mouvement de la mandibule et une pression modérée entre les dents. Il peut s'agir, selon l'autorisation, de pâtes très cuites, riz très tendre, poisson moelleux, légumes fondants, viande hachée très souple, omelette, ou pain très tendre sans croûte.
Un aliment peut sembler « mou » dans l'assiette tout en demandant une mastication importante. Le pain, certaines viandes, les crudités ou les aliments fibreux peuvent être plus exigeants qu'ils n'en ont l'air.
Comment savoir si un aliment nécessite trop de force ?
Un aliment est probablement trop exigeant à votre stade s'il faut :
- serrer fortement les dents ;
- tirer avec les incisives ;
- effectuer de grands mouvements latéraux ;
- mâcher longtemps ;
- utiliser uniquement un côté ;
- ressentir une pression importante sur les plaques ;
- continuer malgré une douleur ;
- exercer une force pour le couper avec les dents.
Une règle pratique consiste à choisir des aliments qui peuvent être facilement écrasés avec une fourchette, entre la langue et le palais, ou avec une très faible pression entre les dents.
Cette règle ne remplace cependant pas la liste donnée par l'équipe.
Est-il normal de ne plus savoir mâcher ?
Oui.
Avant l'intervention, la mastication était automatique. Après la chirurgie, le patient doit s'adapter à une nouvelle occlusion, une nouvelle position des incisives, de nouveaux contacts entre les molaires, des muscles affaiblis, une sensibilité différente, une ouverture réduite, la présence éventuelle d'élastiques, et la crainte de provoquer une douleur.
Le cerveau doit reconstruire des repères.
Les premiers mouvements peuvent être lents, asymétriques et très conscients.
Pourquoi mes dents ne se touchent-elles pas comme avant ?
C'est précisément l'un des objectifs de la chirurgie et de l'orthodontie : modifier la relation entre les arcades.
Après l'opération, les contacts peuvent aussi évoluer sous l'effet du gonflement, des élastiques, de la gouttière, de la position mandibulaire, des réglages orthodontiques, de la fatigue musculaire, ou de petites interférences dentaires.
Il est fréquent que toutes les dents ne touchent pas immédiatement de manière uniforme.
L'orthodontie postopératoire contribue souvent à affiner les contacts.
Un changement brutal de l'occlusion après une phase stable doit en revanche être signalé.
Faut-il mâcher des deux côtés ?
Lorsque la mastication est autorisée, l'objectif à terme est généralement de retrouver une fonction équilibrée.
Au début, certains patients utilisent spontanément le côté le moins douloureux, le côté le plus sensible, le côté où les dents se touchent davantage, ou uniquement les incisives.
Une utilisation exclusive et prolongée d'un seul côté peut entretenir une fatigue, une tension musculaire, une asymétrie du mouvement, ou une surcharge locale.
Il ne faut cependant pas forcer artificiellement un côté douloureux ou instable.
Un kinésithérapeute, un orthophoniste ou l'équipe chirurgicale peut guider une reprise plus équilibrée.
Peut-on commencer par les dents de devant ?
Les incisives peuvent sembler plus faciles à utiliser parce qu'elles sont visibles.
Pourtant, croquer demande parfois davantage de force et exerce un effet de levier différent de celui d'une mastication douce sur les dents postérieures.
Au début, il est souvent préférable de couper les aliments en très petits morceaux, les placer doucement dans la bouche, éviter d'arracher ou de croquer, et utiliser les zones autorisées par l'équipe.
Ne mordez pas directement dans une pomme, un sandwich, une baguette, une pizza, une viande, ou un aliment dur ou fibreux, tant que le chirurgien n'a pas autorisé cette étape.
Pourquoi la mastication est-elle si lente ?
Elle peut être ralentie par une faible ouverture, une coordination inhabituelle, des muscles affaiblis, la peur, la sensibilité diminuée, les élastiques, des contacts dentaires encore limités, ou la nécessité de vérifier chaque bouchée.
Une mastication lente au début est préférable à une reprise rapide et forcée.
Les études montrent que la force de morsure, la surface de contact et l'efficacité masticatoire s'améliorent généralement sur plusieurs mois, voire un à deux ans, plutôt qu'en quelques jours (source).
Les muscles sont-ils réellement plus faibles après l'opération ?
Oui, temporairement.
Les muscles masticateurs ont été peu utilisés, modifiés par le déplacement des os, influencés par les élastiques, affectés par la douleur et le gonflement, et soumis à une alimentation ne nécessitant presque aucune force.
La force de morsure peut rester inférieure aux valeurs préopératoires ou à celles de personnes sans déformation pendant plusieurs mois.
Des études anciennes et des synthèses récentes montrent une amélioration progressive de la force et de l'efficacité après le traitement, mais sans retour systématique aux valeurs d'une population présentant une occlusion normale (source).
Est-il normal d'avoir les masséters fatigués ?
Oui.
Les masséters peuvent rapidement sembler lourds, tendus, faibles, douloureux, tremblants, ou fatigués après quelques bouchées.
Ils recommencent à produire des mouvements qu'ils n'ont presque pas réalisés pendant plusieurs semaines.
Au début : choisissez de petites portions, faites des pauses, ne cherchez pas à terminer un repas coûte que coûte, réduisez la difficulté de la texture si la fatigue devient importante.
Une douleur vive ou croissante n'est pas une fatigue musculaire banale.
Pourquoi ai-je mal devant les oreilles lorsque je mâche ?
La zone devant les oreilles correspond aux articulations temporo-mandibulaires.
Une gêne peut être liée à la reprise des mouvements, à la raideur, à la tension musculaire, à une modification de l'occlusion, à une mastication trop difficile, à l'utilisation d'un seul côté, ou à un trouble articulaire préexistant.
Une douleur légère et temporaire peut être observée.
Il faut consulter en cas de douleur forte, blocage, claquement brutal nouveau, diminution progressive de l'ouverture, changement de l'occlusion, gonflement localisé, ou douleur persistante après les repas.
Est-il normal que la mâchoire tremble ?
Un léger tremblement peut apparaître lorsque les muscles sont faibles ou fatigués.
Il peut être plus visible pendant l'ouverture, lors de la fermeture, après plusieurs bouchées, lors d'un mouvement précis, ou en cas de stress.
Réduisez l'effort et reposez la mâchoire.
Un tremblement persistant, important ou accompagné d'une faiblesse neurologique doit être évalué.
Peut-on déplacer les plaques ou les vis en mâchant ?
La fixation est conçue pour stabiliser les segments osseux pendant la consolidation.
Une mastication autorisée et adaptée au stade postopératoire ne doit pas déplacer les plaques.
Le risque augmente surtout en cas de reprise trop précoce d'aliments durs, de choc, de force importante, de fracture défavorable, d'infection, de non-respect des restrictions, ou de problème de fixation.
Une sensation de craquement ne signifie pas automatiquement qu'une plaque s'est déplacée. Elle doit cependant être signalée lorsqu'elle s'accompagne d'une douleur brutale, d'un changement de l'occlusion, d'une mobilité, d'un gonflement, ou d'un saignement.
Peut-on casser les os en recommençant à mâcher ?
Les os ne retrouvent pas immédiatement leur résistance complète.
C'est pourquoi les textures sont réintroduites progressivement.
Une mastication douce, autorisée et réalisée avec des aliments adaptés ne doit pas provoquer une fracture.
Il ne faut cependant pas tester volontairement la solidité de la mâchoire en croquant un aliment dur.
La diminution de la douleur n'est pas une preuve de consolidation complète.
Est-il normal d'entendre des craquements ?
Différents bruits peuvent apparaître : claquement articulaire, frottement, bruit orthodontique, contact entre les dents, mouvement de la gouttière, ou impression sonore amplifiée par la proximité de l'oreille.
Un bruit isolé sans douleur ni modification de l'occlusion n'indique pas forcément un problème.
Contactez l'équipe en cas de bruit brutal suivi d'une douleur, blocage, modification de la morsure, sensation de mobilité, répétition croissante, ou traumatisme récent.
Que faire si je mâche uniquement avec les incisives ?
Cela peut arriver lorsque les molaires ne se touchent pas encore ou que le patient n'ose pas placer les aliments au fond.
Cependant, écraser tous les aliments avec les incisives peut être inefficace, fatiguer les muscles, solliciter excessivement les dents antérieures, ou encourager une mauvaise stratégie.
Coupez les aliments en petits morceaux et demandez à l'équipe quels contacts sont attendus, quelles dents utiliser, si l'absence de contact molaire est temporaire, et si les élastiques doivent être modifiés.
Pourquoi certains aliments restent-ils dans les joues ?
Les résidus peuvent s'accumuler en raison de la diminution de sensibilité, d'une faible mobilité de la langue, de joues encore raides, d'une ouverture limitée, des appareils orthodontiques, des cicatrices, ou d'une mastication peu efficace.
Après le repas : vérifiez la bouche avec un miroir, utilisez les rinçages autorisés, brossez selon le protocole, évitez d'utiliser un objet pointu, ne grattez pas les incisions.
Un résidu alimentaire prolongé peut irriter les tissus et favoriser une mauvaise odeur.
Comment préparer les aliments pour reprendre la mastication ?
Pour faciliter la reprise : faites cuire longtemps, retirez les croûtes, hachez ou émiettez, ajoutez une sauce, coupez en très petits morceaux, évitez les fibres longues, vérifiez qu'il ne reste pas d'os, de noyau ou de morceau dur, privilégiez une texture homogène.
Un aliment sec demande souvent plus de travail qu'un aliment humide.
Par exemple, une viande hachée avec une sauce peut être plus facile qu'un morceau de poulet pourtant tendre.
Quels aliments peut-on essayer en premier ?
Selon l'autorisation du chirurgien, les premières textures à mâcher peuvent comprendre : omelette tendre, poisson très moelleux, légumes très cuits, pommes de terre écrasées avec quelques petits morceaux, pâtes très cuites, riz très fondant, viande hachée très tendre en sauce, fromage frais, banane mûre, avocat, ou fruits cuits.
Introduisez une nouveauté à la fois afin d'évaluer la force nécessaire, la douleur, la fatigue, la capacité à nettoyer la bouche, et la tolérance digestive.
Quels aliments éviter lors de la reprise ?
Évitez tant qu'ils ne sont pas autorisés : noix, cacahuètes, graines dures, pain croûté, baguette, chips, crudités, pomme crue, carotte crue, bonbons, chewing-gum, viande fibreuse, croûtes de pizza, aliments collants, fruits secs, glace à croquer, aliments avec petits os, ou sandwichs à mordre.
Certains aliments combinent plusieurs difficultés : fermeté, élasticité, adhérence et nécessité de croquer.
Peut-on manger du pain de mie ?
Le pain de mie paraît mou, mais il peut former une boule collante, adhérer au palais et aux appareils, demander des mouvements répétés, rester coincé dans les joues, ou être difficile à nettoyer.
Il peut être mieux toléré sans croûte, humidifié, en très petit morceau, accompagné d'une sauce, uniquement lorsque la mastication légère est autorisée.
Peut-on manger des pâtes ?
Les pâtes très cuites sont souvent réintroduites parmi les premières textures molles.
Elles doivent être bien tendres, coupées si elles sont longues, consommées avec une sauce, prises en petites bouchées.
Des pâtes al dente ou longues peuvent demander davantage de mastication et être difficiles à gérer.
Peut-on manger de la viande ?
La viande entière est souvent plus difficile qu'elle n'en a l'air.
Pour une reprise progressive, elle peut être hachée finement, effilochée très finement, longuement mijotée, mélangée à une sauce, ou intégrée à une purée.
Évitez les morceaux secs, nerveux ou fibreux.
La viande ne doit pas être arrachée avec les incisives.
Peut-on manger du poisson ?
Un poisson bien cuit et sans arête est souvent plus facile à émietter.
Vérifiez soigneusement les arêtes, la peau, les parties sèches, la température.
Un poisson sec peut néanmoins demander plus de mastication qu'une préparation fondante en sauce.
Peut-on mâcher du chewing-gum pour renforcer les muscles ?
Pas sans autorisation.
Le chewing-gum impose des mouvements répétés, une mastication prolongée, une sollicitation musculaire, une pression sur les articulations, et un risque d'adhérence aux appareils.
Il n'est pas un outil universel de rééducation.
Des exercices précis peuvent être proposés par le chirurgien ou le kinésithérapeute, mais ils ne doivent pas être remplacés par une mastication libre de chewing-gum.
Faut-il faire des exercices de mastication ?
Pas systématiquement.
La reprise alimentaire elle-même entraîne progressivement les muscles.
Dans certaines situations, un professionnel peut proposer une mastication contrôlée, une alternance des côtés, des exercices de coordination, un travail avec une texture définie, ou une rééducation oro-myo-fonctionnelle.
Un essai randomisé portant sur des patients opérés a retrouvé une amélioration de certains paramètres cliniques et électromyographiques de la mastication après une thérapie oro-myo-fonctionnelle structurée. L'étude concernait toutefois un petit groupe et un programme encadré de dix séances ; elle ne justifie pas un protocole identique pour tous (source).
La kinésithérapie peut-elle aider à remâcher ?
Oui, notamment en cas de faible ouverture, raideur, déviation, douleurs musculaires, peur du mouvement, fatigue rapide, ou mauvaise coordination.
Le professionnel peut travailler l'ouverture, les mouvements latéraux, la propulsion, le relâchement musculaire, la symétrie, la reprise fonctionnelle.
Il ne doit pas imposer une texture non autorisée par le chirurgien.
L'orthophonie peut-elle aider ?
Oui, surtout lorsque la difficulté concerne la langue, les joues, la gestion des aliments, la déglutition, la fermeture des lèvres, la coordination oro-myo-fonctionnelle, ou une mastication très asymétrique.
La prise en charge peut compléter celle du kinésithérapeute.
La mastication s'améliore-t-elle vraiment après la chirurgie ?
À long terme, de nombreux patients rapportent une amélioration de leur capacité à mâcher.
Une étude prospective contrôlée a montré qu'à dix-huit mois, la capacité masticatoire ressentie avait rejoint celle du groupe témoin, tandis que la performance mesurée s'était améliorée mais restait inférieure (source).
La méta-analyse publiée en 2023 conclut également à une amélioration de la force de morsure et de la surface de contact à un et deux ans, tout en observant que les performances peuvent rester inférieures à celles de personnes présentant une occlusion normale (source).
La chirurgie améliore donc souvent la fonction, mais ne garantit pas une mastication objectivement parfaite.
Pourquoi la sensation de mieux mâcher ne correspond-elle pas toujours aux tests ?
La mastication comporte plusieurs dimensions : confort, douleur, confiance, stabilité, capacité à manger certains aliments, force de morsure, nombre de contacts, efficacité de broyage, vitesse.
Un patient peut se sentir beaucoup mieux parce qu'il mange plus facilement, même si les mesures instrumentales restent inférieures à celles d'un groupe témoin.
À l'inverse, une bonne force de morsure ne signifie pas que la mastication est confortable.
L'orthodontie postopératoire influence-t-elle la mastication ?
Oui.
Après la chirurgie, l'orthodontiste ajuste progressivement les contacts, les rotations dentaires, l'engrènement, les petites interférences, la stabilité de l'occlusion.
La surface de contact entre les dents est associée à la force de morsure et à certaines mesures de performance (source). L'amélioration peut donc se poursuivre pendant les finitions orthodontiques.
Pourquoi ai-je l'impression que certaines dents touchent trop fort ?
Lorsque peu de dents se touchent, la pression peut être concentrée sur quelques contacts.
Cette sensation peut aussi venir d'un élastique, d'un gonflement, d'une interférence, d'une dent sensible, d'un déplacement orthodontique, ou d'un serrage involontaire.
Ne cherchez pas à user ou limer une dent.
Signalez les contacts très douloureux au chirurgien ou à l'orthodontiste.
Est-il normal qu'une dent fasse mal quand je mâche ?
Une légère sensibilité peut être liée aux appareils orthodontiques, aux nouveaux contacts, à la reprise de pression, à une dent peu utilisée, ou à une irritation gingivale.
Une douleur localisée et persistante peut aussi correspondre à une carie, une fissure, une inflammation pulpaire, une infection, un traumatisme occlusal, ou un problème parodontal.
Une douleur clairement limitée à une dent mérite un contrôle dentaire.
Peut-on perdre du poids pendant la phase sans mastication ?
Oui.
Les apports énergétiques et protéiques peuvent diminuer fortement lorsque les repas sont longs, les textures sont monotones, la fatigue est importante, les portions sont trop petites, les nausées persistent, ou les préparations sont peu enrichies.
Les apports alimentaires peuvent rester diminués pendant la récupération. Leur évolution varie selon les patients et aucun délai universel de retour aux apports habituels ne peut être donné.
Un essai randomisé récent a également montré que la perte de poids et de masse musculaire peut survenir malgré un accompagnement nutritionnel, ce qui souligne l'intérêt d'une surveillance adaptée (source).
La progression des textures ne doit pas faire oublier la densité nutritionnelle. Ce sujet est développé plus en détail sur notre page Calories, protéines et prévention de la perte de poids.
Faut-il continuer les compléments nutritionnels après avoir recommencé à mâcher ?
Cela dépend des apports réels.
Un patient peut recommencer à mâcher tout en consommant des portions très faibles.
Les compléments peuvent rester utiles lorsque le poids diminue, les repas sont insuffisants, les protéines sont difficiles à consommer, la fatigue empêche de cuisiner, ou une diététicienne les a recommandés.
Ils ne doivent pas remplacer indéfiniment une alimentation diversifiée lorsque celle-ci redevient possible.
Comment organiser les premiers repas avec mastication ?
Étape 1 : tester
Choisissez un aliment très tendre et familier. Prenez quelques petites bouchées.
Étape 2 : observer
Évaluez la douleur, la fatigue, la facilité à déplacer l'aliment, la capacité à nettoyer la bouche, la sensation de stabilité.
Étape 3 : limiter
Ne testez pas plusieurs aliments difficiles lors du même repas.
Étape 4 : récupérer
Faites une pause si les muscles fatiguent.
Étape 5 : progresser
Augmentez progressivement la variété, la taille des morceaux, la durée de mastication, la fermeté, uniquement selon le calendrier autorisé.
Que faire si la mâchoire est plus douloureuse après un repas ?
Une légère fatigue qui disparaît rapidement peut être acceptable.
Pour le repas suivant : revenez à une texture plus facile, réduisez la taille des bouchées, mangez moins longtemps, faites davantage de pauses, évitez l'aliment déclencheur.
Contactez l'équipe si la douleur est vive, persiste plusieurs heures, augmente de repas en repas, s'accompagne d'un gonflement, modifie l'occlusion, provoque un blocage, ou apparaît avec un craquement brutal.
Que faire si le visage regonfle après avoir mâché ?
Une sensation temporaire de tension peut apparaître avec l'activité musculaire.
Un véritable regonflement doit être surveillé.
Il est préoccupant s'il est important, unilatéral, douloureux, chaud, rouge, accompagné de fièvre, associé à une mauvaise odeur ou à un écoulement, ou survenu après un craquement ou un choc.
Dans ce cas, il ne faut pas simplement reprendre une alimentation liquide sans prévenir l'équipe.
Que faire si l'occlusion change pendant la reprise ?
Arrêtez les aliments exigeant une mastication et contactez le chirurgien ou l'orthodontiste.
Un changement peut être décrit comme une dent qui touche soudainement en premier, les dents qui ne se rencontrent plus comme la veille, une déviation nouvelle, une béance apparue, une difficulté à remettre la gouttière, ou une impression de mâchoire déplacée.
Les variations mineures liées aux élastiques peuvent être normales, mais elles doivent être distinguées d'une modification mécanique.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Contactez l'équipe en cas de :
- changement brutal de l'occlusion ;
- sensation de mobilité osseuse ;
- craquement suivi d'une douleur ;
- regonflement important ;
- fièvre ;
- écoulement ;
- douleur croissante ;
- blocage ;
- diminution soudaine de l'ouverture ;
- impossibilité de reprendre les textures prévues ;
- perte de poids importante ;
- incapacité à couvrir les besoins nutritionnels ;
- douleur localisée sur une dent ;
- traumatisme pendant la consolidation.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de :
- difficulté respiratoire ;
- saignement abondant ;
- gonflement rapide de la langue ou du cou ;
- malaise important ;
- étouffement complet.
Ce qu'il ne faut pas faire
Évitez de :
- avancer seul les étapes du protocole ;
- tester la solidité de la mâchoire ;
- croquer dans un aliment entier trop tôt ;
- mâcher du chewing-gum sans autorisation ;
- manger des aliments durs parce qu'ils ne font pas mal ;
- forcer un côté douloureux ;
- poursuivre malgré un changement d'occlusion ;
- utiliser uniquement les incisives pendant plusieurs semaines sans en parler ;
- confondre alimentation molle et absence de mastication ;
- comparer votre calendrier avec celui d'un autre patient ;
- négliger les apports énergétiques et protéiques.
Questions fréquentes
Quand peut-on recommencer à mâcher ?
À la date donnée par le chirurgien. Elle dépend du type d'intervention, de la fixation et de la consolidation.
Est-il normal de ne plus savoir mâcher ?
Oui. Les muscles, la langue et le cerveau doivent s'adapter à la nouvelle occlusion.
Faut-il mâcher des deux côtés ?
L'objectif est généralement une mastication équilibrée, mais il ne faut pas forcer un côté douloureux ou instable.
Peut-on croquer avec les dents de devant ?
Seulement lorsque cette étape est autorisée. Couper les aliments reste plus prudent au début.
Les muscles sont-ils plus faibles ?
Oui, temporairement. La force de morsure récupère progressivement pendant plusieurs mois.
Peut-on manger du pain de mie ?
Il peut être collant et difficile à nettoyer. Il doit être testé seulement lorsqu'une texture molle avec mastication est autorisée.
Peut-on mâcher du chewing-gum pour se muscler ?
Pas sans validation du chirurgien ou du rééducateur.
Pourquoi une seule dent touche-t-elle ?
Les contacts peuvent être encore incomplets et évoluer avec les élastiques et l'orthodontie. Un contact très douloureux doit être signalé.
La mastication sera-t-elle meilleure qu'avant ?
Elle s'améliore souvent, mais les performances mesurées ne rejoignent pas toujours celles d'une personne sans déformation dento-faciale.
Quand s'inquiéter ?
En cas de changement d'occlusion, mobilité, craquement douloureux, regonflement, fièvre ou diminution brutale de l'ouverture.
À retenir
- La reprise de la mastication dépend du protocole du chirurgien, pas uniquement de la douleur.
- Une alimentation molle peut déjà demander une véritable mastication.
- Les premières bouchées doivent être petites, tendres et humides.
- La lenteur, la maladresse et la fatigue musculaire sont fréquentes au début.
- La force de morsure récupère sur plusieurs mois.
- Il ne faut pas tester les aliments durs trop tôt.
- Une mastication équilibrée se reconstruit progressivement.
- L'orthodontie postopératoire améliore encore les contacts entre les dents.
- La kinésithérapie ou l'orthophonie peuvent aider lorsque la reprise reste difficile.
- Un changement brutal de l'occlusion ou un regonflement douloureux doit être signalé.
Ce contenu fournit des informations générales. Il ne remplace pas le calendrier alimentaire, l'examen ni les consignes de votre chirurgien, de votre orthodontiste, de votre kinésithérapeute ou de votre orthophoniste.
Références scientifiques
- Bunpu P, Changsiripun C. Assessment of masticatory performance in patients undergoing orthognathic surgery: A systematic review and meta-analysis. Journal of Oral Rehabilitation, 2023. PMID : 36920311. Voir sur PubMed
- Abrahamsson C et al. Masticatory function in patients with dentofacial deformities before and after orthognathic treatment—a prospective, longitudinal, and controlled study. European Journal of Orthodontics, 2015. PMID : 25150273. Voir sur PubMed
- Iwase M et al. Bite force, occlusal contact area and masticatory efficiency before and after orthognathic surgical correction of mandibular prognathism. International Journal of Oral and Maxillofacial Surgery, 2006. PMID : 17097270. Voir sur PubMed
- Islam MN, Lim ALS, Wong RCW. Changes in bite force after orthognathic surgical correction of mandibular prognathism: a systematic review. International Journal of Oral and Maxillofacial Surgery, 2017. PMID : 28209396. Voir sur PubMed
- Prado DGA et al. Effects of orofacial myofunctional therapy on masticatory function in individuals submitted to orthognathic surgery: a randomized trial. Journal of Applied Oral Science, 2018. PMID : 29412368. Voir sur PubMed
- Çelik ZM, Bayram F, Aktaç Ş, Berkel G, Güneş FE. Evaluation of pre- and postoperative nutrition and oral health-related quality of life in orthognathic surgery patients. Nutrition, 2024;123:112418. PMID : 38569254. Voir sur PubMed
- Prachasartta N et al. Effects of Oral Nutritional Supplement on Postoperative Orthognathic Surgery Patients' Nutritional Status: A Randomised Clinical Trial. Journal of Multidisciplinary Healthcare, 2024. PMID : 39723333. Voir sur PubMed