Accueil / Peut-on refaire une chirurgie des mâchoires après une première opération ou une ancienne fracture ?

Oui, une nouvelle chirurgie des mâchoires peut parfois être réalisée après :

  • une première chirurgie orthognathique ;
  • une ancienne fracture du visage ou de la mandibule ;
  • une opération ayant laissé une mauvaise occlusion ;
  • une récidive ;
  • une asymétrie persistante ;
  • une complication du matériel ;
  • une reconstruction faciale ;
  • une intervention pratiquée plusieurs années auparavant.

On parle selon les situations de :

  • chirurgie orthognathique secondaire ;
  • réopération orthognathique ;
  • chirurgie de révision ;
  • correction d'une déformation post-traumatique ;
  • reprise d'ostéotomie ;
  • reconstruction maxillo-faciale secondaire.

Ces interventions sont possibles, mais elles sont généralement plus complexes qu'une première chirurgie. Les os ont déjà été coupés, les tissus sont cicatriciels, les plaques peuvent être intégrées et les nerfs ou les racines dentaires peuvent avoir été modifiés par l'intervention précédente.

Les études disponibles sont essentiellement des séries rétrospectives réalisées dans des centres spécialisés. Elles montrent que des améliorations fonctionnelles et esthétiques peuvent être obtenues, mais elles ne permettent pas de garantir le résultat individuel ni d'estimer précisément le risque pour tous les patients.

Dans quelles situations une réopération peut-elle être envisagée ?

Une nouvelle chirurgie peut être discutée en cas de :

  • mauvaise occlusion persistante ;
  • récidive squelettique ;
  • asymétrie faciale importante ;
  • mauvais positionnement osseux ;
  • projection insuffisante ou excessive d'une mâchoire ;
  • déformation du nez secondaire à une chirurgie maxillaire ;
  • menton insuffisamment ou excessivement corrigé ;
  • contours mandibulaires irréguliers ;
  • syndrome d'apnées obstructives du sommeil persistant ;
  • séquelle d'une ancienne fracture ;
  • absence ou mauvaise consolidation ;
  • problème fonctionnel majeur ;
  • résultat esthétique très éloigné du projet initial.

Dans une série de 32 réopérations publiée en 2023, les plaintes comprenaient notamment un profil insatisfaisant, une asymétrie, une récidive, une malocclusion, une apnée obstructive du sommeil ou un visage jugé trop long. La majorité des patients ont obtenu une amélioration fonctionnelle et esthétique, mais l'étude concernait une population sélectionnée adressée pour chirurgie secondaire (source).

Quelle différence entre une retouche et une réopération orthognathique ?

Une retouche peut concerner :

  • le nez ;
  • le menton ;
  • les tissus mous ;
  • une cicatrice ;
  • une petite irrégularité ;
  • des injections ;
  • un lipofilling ;
  • le retrait d'une plaque gênante.

Une réopération orthognathique implique de recouper et repositionner une ou plusieurs mâchoires. Elle peut nécessiter :

  • une nouvelle ostéotomie de Le Fort I ;
  • une nouvelle ostéotomie sagittale mandibulaire ;
  • une chirurgie bimaxillaire complète ;
  • une génioplastie ;
  • un retrait puis un remplacement du matériel ;
  • une greffe osseuse ;
  • une chirurgie nasale ou reconstructrice associée.

La distinction est essentielle : une injection ou une rhinoplastie ne peut pas corriger une véritable malocclusion ou un mauvais positionnement des mâchoires.

Est-ce la même chose qu'une récidive ?

Non.

Une récidive correspond à une perte partielle du résultat obtenu après la première chirurgie. Une réopération peut être nécessaire pour une récidive, mais également pour :

  • un mauvais positionnement initial ;
  • une asymétrie non corrigée ;
  • un résultat fonctionnel insuffisant ;
  • une ancienne fracture consolidée dans une mauvaise position ;
  • un projet chirurgical incomplet ;
  • une complication indépendante de la stabilité osseuse.

Dans une série de 15 réopérations complètes, les principales indications étaient surtout des mauvais positionnements osseux iatrogènes et des asymétries ; la récidive était moins fréquente (source).

Pourquoi une deuxième chirurgie est-elle plus complexe ?

Une première intervention modifie l'anatomie. Lors d'une reprise, le chirurgien peut rencontrer :

  • des adhérences ;
  • une fibrose ;
  • des plans anatomiques moins faciles à identifier ;
  • des plaques et des vis recouvertes par l'os ;
  • des anciennes lignes d'ostéotomie ;
  • une vascularisation différente ;
  • des racines dentaires proches ;
  • un nerf déjà fragilisé ;
  • une perte ou une déformation osseuse ;
  • une ouverture de bouche limitée ;
  • des cicatrices intrabuccales.

Dans l'étude de 15 patients publiée en 2019, les réopérations nécessitaient davantage de planification tridimensionnelle, le retrait du matériel existant et des gestes plus étendus que les interventions initiales (source).

Faut-il retirer toutes les anciennes plaques ?

Pas systématiquement. Le retrait dépend :

  • de leur position ;
  • de leur stabilité ;
  • de la nouvelle ligne de coupe ;
  • d'une infection ;
  • de leur interférence avec les nouvelles plaques ;
  • de la qualité de l'os ;
  • de la durée écoulée.

Certaines plaques peuvent rester en place si elles ne gênent pas le nouveau plan. D'autres doivent être retirées pour permettre la nouvelle ostéotomie ou la fixation.

Dans certaines séries de réopérations complètes, le retrait du matériel était nécessaire chez tous les patients, mais cela ne permet pas de conclure qu'il sera obligatoire dans chaque situation.

Les anciennes plaques peuvent-elles être difficiles à retirer ?

Oui. Avec le temps, elles peuvent être :

  • recouvertes d'os ;
  • intégrées dans une cicatrice ;
  • proches d'un nerf ;
  • déformées ;
  • associées à une vis cassée ;
  • difficiles d'accès.

Le retrait peut augmenter :

  • la durée opératoire ;
  • le risque de lésion nerveuse ;
  • la perte osseuse locale ;
  • la difficulté de fixation.

Le scanner permet généralement d'étudier leur position avant l'intervention.

Peut-on réutiliser les anciennes lignes d'ostéotomie ?

Parfois, mais pas toujours. Le choix dépend :

  • de la première technique ;
  • de la consolidation ;
  • du mouvement recherché ;
  • de la qualité osseuse ;
  • du matériel ;
  • de la proximité des nerfs et des racines.

Le chirurgien peut devoir :

  • suivre partiellement une ancienne coupe ;
  • créer une nouvelle ostéotomie ;
  • utiliser une technique différente ;
  • ajouter une greffe ;
  • recourir à une planification virtuelle et à des guides personnalisés.

Une deuxième chirurgie est-elle plus risquée ?

Elle peut présenter des risques supplémentaires en raison de l'anatomie déjà opérée. Les risques possibles comprennent :

  • saignement ;
  • infection ;
  • lésion nerveuse ;
  • aggravation d'un engourdissement ;
  • mauvaise fracture mandibulaire ;
  • difficulté de fixation ;
  • retard de consolidation ;
  • pseudarthrose ;
  • nouvelle récidive ;
  • problème d'occlusion ;
  • perte dentaire ou lésion de racine ;
  • résultat esthétique insuffisant ;
  • nécessité d'une nouvelle intervention.

Cela ne signifie pas que les complications sont inévitables.

Une petite série de dix patients ayant subi une nouvelle chirurgie orthognathique rapportait une durée opératoire plus longue, mais sans augmentation observée des principales complications étudiées par rapport à un groupe comparable de premières interventions. L'effectif était trop faible pour exclure tous les risques rares (source).

Le risque de perdre davantage de sensibilité est-il plus élevé ?

Il peut l'être, notamment lorsque :

  • le nerf alvéolaire inférieur a déjà été exposé ;
  • une ostéotomie sagittale doit être répétée ;
  • le patient présente déjà une hypoesthésie ;
  • une ancienne fracture a déplacé le canal nerveux ;
  • le matériel est proche du nerf ;
  • une cicatrice importante entoure la zone.

L'examen doit préciser avant la reprise :

  • la sensibilité de la lèvre ;
  • celle du menton ;
  • celle de la langue ;
  • la présence de douleurs nerveuses ;
  • les zones totalement insensibles ;
  • l'évolution depuis la première opération.

Une publication de 2026 rapporte le cas d'une réparation secondaire du nerf alvéolaire inférieur au cours d'une chirurgie orthognathique de révision. Il s'agit d'un cas clinique particulier et non d'une preuve que la réparation nerveuse est possible ou indiquée pour tous les patients (source).

Peut-on opérer plusieurs années après la première chirurgie ?

Oui. Une réopération peut être réalisée :

  • un an après ;
  • plusieurs années après ;
  • parfois plusieurs décennies après.

L'ancienneté n'est pas à elle seule une contre-indication. Elle influence toutefois :

  • l'intégration des plaques ;
  • la densité osseuse ;
  • les cicatrices ;
  • l'état dentaire ;
  • l'orthodontie nécessaire ;
  • l'évolution des articulations ;
  • la disponibilité des anciens documents.

Combien de temps faut-il attendre après la première opération ?

Il n'existe pas de délai universel. Sauf complication urgente, il faut généralement disposer de suffisamment de recul pour distinguer :

  • un gonflement encore présent ;
  • une adaptation musculaire ;
  • une finition orthodontique incomplète ;
  • une véritable récidive ;
  • un mauvais positionnement stable ;
  • une insatisfaction psychologique précoce.

Dans une série de 15 patients, le délai médian ou moyen rapporté avant réopération était d'environ quatorze mois. Ce chiffre décrit cette cohorte et ne constitue pas une règle médicale générale (source).

Une infection, une instabilité ou une anomalie mécanique peut imposer une prise en charge plus précoce.

Peut-on corriger une ancienne fracture de la mâchoire ?

Oui, dans certaines situations. Une ancienne fracture peut laisser :

  • une malocclusion ;
  • une mandibule déviée ;
  • une asymétrie ;
  • une perte de hauteur faciale ;
  • une limitation d'ouverture ;
  • une douleur articulaire ;
  • un mauvais alignement du maxillaire ;
  • une déformation du nez ou de l'orbite ;
  • une consolidation dans une mauvaise position.

Les techniques de chirurgie orthognathique peuvent être utilisées pour corriger certaines séquelles post-traumatiques, parfois en association avec :

  • une ostéotomie ;
  • une reconstruction osseuse ;
  • une greffe ;
  • une chirurgie de l'orbite ;
  • une rhinoplastie ;
  • une reconstruction des tissus mous.

Une publication décrit l'utilisation de principes et de techniques orthognathiques pour traiter des déformations après traumatismes faciaux ou pendant leur prise en charge ; le nombre exact de patients de cette série n'a pas pu être confirmé de manière indépendante et n'est donc pas repris ici (source).

Qu'est-ce qu'une fracture consolidée en mauvaise position ?

On parle de cal vicieux lorsqu'un os a consolidé dans une position incorrecte. Cela peut provoquer :

  • un décalage des dents ;
  • une asymétrie ;
  • une limitation fonctionnelle ;
  • une déviation à l'ouverture ;
  • une gêne esthétique ;
  • une mauvaise répartition des forces.

La correction peut nécessiter de recouper l'os consolidé et de le repositionner.

Et si la fracture n'a jamais correctement consolidé ?

Une absence de consolidation, appelée pseudarthrose, constitue une situation différente. Elle peut s'accompagner :

  • de mobilité ;
  • de douleur ;
  • d'infection ;
  • de matériel cassé ;
  • de déformation ;
  • de difficulté à mâcher.

Elle peut nécessiter :

  • le retrait du matériel ;
  • le traitement d'une infection ;
  • une nouvelle fixation ;
  • une greffe osseuse ;
  • une reconstruction.

Il ne s'agit pas d'une simple retouche esthétique. Un cal vicieux ou une pseudarthrose ne peuvent pas être diagnostiqués sans examen clinique et imagerie.

Une ancienne fracture du condyle peut-elle être corrigée ?

Elle peut parfois être traitée, mais la stratégie dépend fortement de l'articulation. Une ancienne fracture condylienne peut entraîner :

  • une asymétrie ;
  • une branche mandibulaire raccourcie ;
  • une déviation ;
  • une limitation d'ouverture ;
  • une ankylose ;
  • une douleur articulaire ;
  • une malocclusion.

Le traitement peut associer selon les cas :

  • orthodontie ;
  • chirurgie orthognathique ;
  • chirurgie de l'articulation ;
  • reconstruction condylienne ;
  • prothèse articulaire ;
  • rééducation.

Une simple ostéotomie des mâchoires ne suffit pas toujours si l'articulation est gravement altérée.

L'orthodontie est-elle nécessaire avant une réopération ?

Souvent, mais pas systématiquement. Elle peut servir à :

  • décompenser les dents ;
  • rétablir la forme des arcades ;
  • supprimer les adaptations apparues après la première chirurgie ;
  • préparer une nouvelle occlusion ;
  • créer de l'espace ;
  • corriger les inclinaisons dentaires.

Le parcours peut comprendre :

  1. une phase orthodontique préparatoire ;
  2. une réopération ;
  3. des finitions orthodontiques ;
  4. une contention.

Dans certaines situations sélectionnées, une stratégie différente peut être envisagée, mais elle doit être décidée par l'équipe.

Peut-on faire une réopération avec des dents manquantes ou des implants ?

Oui, mais la planification est plus complexe. Il faut tenir compte :

  • des implants existants ;
  • de leur position ;
  • des espaces édentés ;
  • de la capacité à créer une gouttiere ;
  • de la future réhabilitation prothétique ;
  • du soutien osseux.

Un implant ne se déplace pas comme une dent naturelle. Il peut donc limiter certaines corrections orthodontiques.

Quel bilan faut-il réaliser ?

Le bilan peut comprendre :

  • examen clinique complet ;
  • analyse de l'occlusion ;
  • photographies standardisées ;
  • empreintes ou scan numérique ;
  • radiographie panoramique ;
  • téléradiographies ;
  • scanner ou cone beam ;
  • étude des articulations ;
  • test de sensibilité ;
  • analyse des voies respiratoires ;
  • bilan dentaire et parodontal ;
  • récupération des anciens documents ;
  • planification tridimensionnelle.

Une nouvelle opération ne doit pas être planifiée uniquement à partir de photographies ou d'une simulation esthétique.

Pourquoi la planification 3D est-elle particulièrement utile ?

Elle permet notamment de :

  • localiser les anciennes plaques ;
  • étudier les anciennes lignes de coupe ;
  • mesurer les asymétries ;
  • simuler plusieurs mouvements ;
  • évaluer les racines ;
  • préparer des guides ;
  • anticiper les conflits osseux ;
  • comparer la position actuelle avec le projet.

Précision : vous nous aviez signalé une étude portant sur 352 chirurgies ayant observé un taux de réopération inférieur avec planification virtuelle. Malgré une nouvelle recherche, je n'ai pas pu retrouver ni confirmer cette référence précise (PMID indiqué : 39042068) ni son effectif de 352 patients. Je la laisse ci-dessous à titre indicatif, marquée comme non vérifiée — merci de la confirmer directement sur PubMed avant toute réutilisation, ou de me transmettre le lien exact. Sous réserve de cette vérification, une planification virtuelle est associée dans plusieurs travaux à une meilleure précision du traitement, sans qu'aucune étude confirmée n'ait été identifiée prouvant qu'elle évite toutes les reprises.

Faut-il récupérer le compte rendu de la première opération ?

Oui, autant que possible. Les documents utiles comprennent :

  • compte rendu opératoire ;
  • plan chirurgical ;
  • scanners ;
  • radiographies ;
  • photographies ;
  • simulations ;
  • références du matériel ;
  • comptes rendus d'hospitalisation ;
  • complications ;
  • dossiers orthodontiques ;
  • anciennes empreintes ;
  • courriers médicaux.

Même un dossier ancien et incomplet peut apporter des informations importantes.

Que faire si le premier chirurgien ne fournit pas le dossier ?

En France, le patient peut demander l'accès à son dossier médical selon les règles applicables. La demande doit idéalement préciser les documents recherchés.

L'absence de dossier n'empêche pas nécessairement toute prise en charge, mais elle rend l'analyse plus difficile.

Faut-il consulter un chirurgien particulièrement spécialisé ?

Oui, une réopération complexe ou une séquelle post-traumatique mérite généralement l'avis d'une équipe habituée à :

  • la chirurgie orthognathique secondaire ;
  • la planification tridimensionnelle ;
  • les séquelles de traumatismes ;
  • les reconstructions ;
  • les articulations temporo-mandibulaires ;
  • la chirurgie nasale lorsque nécessaire ;
  • le travail orthodontico-chirurgical complexe.

Les publications insistent sur le caractère techniquement exigeant des réopérations et sur la nécessité d'un plan individualisé.

Peut-on demander plusieurs avis ?

Oui. Un deuxième ou un troisième avis peut aider à comparer :

  • le diagnostic ;
  • la nécessité réelle d'une réopération ;
  • les alternatives ;
  • les risques ;
  • le calendrier ;
  • la place de l'orthodontie ;
  • les attentes réalisables.

Les avis peuvent être différents sans que l'un soit nécessairement incompétent. Les situations secondaires permettent parfois plusieurs stratégies.

Quelles questions poser au chirurgien ?

Demandez notamment :

  • Quel est précisément le problème actuel ?
  • Est-il dentaire, osseux, articulaire ou lié aux tissus mous ?
  • Une orthodontie seule pourrait-elle suffire ?
  • Quels os devraient être recoupés ?
  • Les anciennes plaques doivent-elles être retirées ?
  • Une greffe sera-t-elle nécessaire ?
  • Quel est le risque nerveux supplémentaire ?
  • Que peut-on raisonnablement améliorer ?
  • Quels éléments ne pourront probablement pas être corrigés ?
  • Quelles seraient les conséquences de ne rien faire ?
  • Combien de cas comparables avez-vous déjà pris en charge ?
  • Quel suivi sera prévu ?

Une réopération peut-elle tout corriger ?

Non. Certaines séquelles peuvent persister :

  • engourdissement ancien ;
  • perte osseuse ;
  • cicatrices ;
  • déformation articulaire ;
  • atteinte dentaire ;
  • asymétrie des tissus mous ;
  • attentes esthétiques irréalisables.

L'objectif peut être :

  • une amélioration fonctionnelle ;
  • une meilleure occlusion ;
  • une réduction de l'asymétrie ;
  • une amélioration esthétique partielle ;
  • une stabilisation.

Le patient doit connaître les limites avant de décider.

Les résultats peuvent-ils être bons ?

Oui, chez des patients bien sélectionnés. Plusieurs petites séries rapportent des résultats fonctionnels et esthétiques satisfaisants après une réopération.

Une étude de 70 patients opérés une seconde fois pour insatisfaction esthétique rapportait une amélioration jugée évidente par les cliniciens dans 92,9 % des cas et une satisfaction dans 91,4 % des cas. Ces résultats proviennent d'un seul centre spécialisé et ne représentent pas la probabilité générale de succès (source).

Une étude plus récente de 72 patients rapportait également de bons résultats après chirurgie bimaxillaire de révision, mais tous les patients avaient été sélectionnés et traités dans un centre très spécialisé, et il s'agissait de patients déjà opérés ailleurs et insatisfaits (source).

Pourquoi les chiffres de satisfaction doivent-ils être interprétés avec prudence ?

Les séries publiées peuvent comporter :

  • peu de patients ;
  • un seul chirurgien ou centre ;
  • des critères de sélection stricts ;
  • des patients motivés ;
  • des définitions différentes du succès ;
  • peu de comparaisons avec des premières chirurgies ;
  • un risque de biais de publication.

Les chiffres ne constituent donc pas une promesse individuelle.

Peut-on refuser une nouvelle opération même si le chirurgien la propose ?

Oui. La décision doit tenir compte :

  • de l'importance du problème ;
  • du bénéfice espéré ;
  • des risques ;
  • de la durée du nouveau parcours ;
  • de l'orthodontie ;
  • de l'impact psychologique ;
  • des alternatives ;
  • de la possibilité de vivre avec le résultat actuel.

Une réopération n'est pas obligatoire uniquement parce qu'une amélioration est techniquement possible.

Quand une prise en charge psychologique est-elle utile ?

Elle peut aider lorsque :

  • l'insatisfaction occupe toute la journée ;
  • les attentes sont difficiles à définir ;
  • plusieurs avis ne rassurent jamais ;
  • le patient espère qu'une nouvelle opération transformera toute sa vie ;
  • l'expérience de la première chirurgie a été traumatisante ;
  • la confiance envers les soignants est rompue ;
  • la décision génère une anxiété majeure.

Cet accompagnement ne signifie pas que le problème physique est imaginaire.

Quels signes exigent une consultation rapide ?

Contactez rapidement une équipe maxillo-faciale en cas de :

  • changement brutal de l'occlusion ;
  • mobilité d'une mâchoire ;
  • matériel exposé ;
  • écoulement de pus ;
  • fièvre ;
  • regonflement ;
  • douleur croissante ;
  • fracture après un choc ;
  • difficulté à respirer ;
  • saignement important ;
  • limitation brutale de l'ouverture ;
  • déformation qui s'aggrave.

En cas de difficulté à respirer, de saignement important ou de malaise, appelez le 15 ou le 112. Ces problèmes doivent être évalués avant toute réflexion esthétique.

Questions fréquentes

Peut-on refaire une chirurgie bimaxillaire ?

Oui, dans certaines situations, mais la reprise est techniquement plus complexe qu'une première intervention.

Faut-il attendre un an ?

Il faut généralement attendre une stabilisation suffisante, sauf complication nécessitant une intervention précoce. Aucun délai unique ne s'applique à tous.

Doit-on obligatoirement retirer les anciennes plaques ?

Non. Leur retrait dépend de leur position, de leur état et du nouveau plan chirurgical.

Une ancienne fracture peut-elle être corrigée après plusieurs années ?

Oui. Certaines séquelles post-traumatiques peuvent être corrigées par des techniques orthognathiques ou reconstructrices.

Le risque nerveux est-il plus important ?

Il peut l'être si les nerfs ont déjà été exposés, lésés ou entourés de cicatrices.

L'orthodontie doit-elle recommencer ?

Souvent, une préparation et des finitions orthodontiques sont nécessaires.

Peut-on corriger seulement le nez ou le menton ?

Oui si le problème est réellement limité à ces zones. Cela ne corrigera pas une mauvaise occlusion osseuse.

Faut-il revoir le premier chirurgien ?

Il est utile d'obtenir son analyse et le dossier, mais un avis spécialisé indépendant est légitime.

Une deuxième chirurgie donne-t-elle de bons résultats ?

Des séries spécialisées rapportent de bons résultats chez des patients sélectionnés, sans garantie individuelle.

Peut-on décider de ne rien faire ?

Oui. L'observation ou des traitements non chirurgicaux peuvent être raisonnables lorsque le bénéfice attendu d'une reprise est limité.

À retenir

  • Une chirurgie des mâchoires peut parfois être refaite après une première opération ou une ancienne fracture.
  • Il faut distinguer récidive, mauvais positionnement, complication et insatisfaction esthétique.
  • Une réopération orthognathique est plus complexe qu'une retouche.
  • Les cicatrices, le matériel et les nerfs rendent la reprise plus exigeante.
  • Les anciennes plaques ne doivent pas toujours être retirées.
  • Une ancienne fracture consolidée dans une mauvaise position peut parfois être recoupée et corrigée.
  • L'orthodontie et la planification 3D jouent souvent un rôle important.
  • Un chirurgien expérimenté dans les reprises et les séquelles post-traumatiques est préférable.
  • Les études rapportent des résultats encourageants, mais concernent surtout de petites cohortes spécialisées.
  • Un deuxième avis est légitime et la réopération reste une décision personnelle.
  • Une infection, une mobilité ou un changement brutal de l'occlusion doivent être évalués rapidement.

Ce contenu fournit des informations générales. Il ne remplace pas une évaluation clinique, radiologique et orthodontique par une équipe spécialisée en chirurgie maxillo-faciale secondaire.


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Références scientifiques

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