Accueil / Grossesse, allaitement et règles : peut-on faire une chirurgie des mâchoires ?

Une grossesse, un projet de grossesse, un allaitement ou des règles ne sont pas des informations secondaires avant une chirurgie orthognathique.

Ils peuvent influencer :

  • la date de l'intervention ;
  • les examens radiologiques ;
  • l'anesthésie ;
  • les médicaments ;
  • le risque de thrombose ;
  • l'alimentation ;
  • l'organisation familiale ;
  • la reprise de l'allaitement ;
  • la contraception ;
  • l'interprétation d'un retard de règles.

Ces sujets doivent être abordés avec le chirurgien et l'anesthésiste sans crainte d'être jugée.

Peut-on faire une chirurgie orthognathique pendant une grossesse ?

Une chirurgie orthognathique programmée est une intervention élective. Les recommandations conjointes de l'American College of Obstetricians and Gynecologists et de l'American Society of Anesthesiologists indiquent qu'une chirurgie élective doit être reportée après l'accouchement. À l'inverse, une chirurgie médicalement nécessaire ne doit pas être refusée uniquement en raison de la grossesse (source).

Une chirurgie orthognathique prévue pour corriger une malocclusion stable est donc généralement différée.

Pourquoi reporte-t-on l'opération ?

Le report évite d'exposer la grossesse à des contraintes non indispensables :

  • anesthésie générale ;
  • médicaments postopératoires ;
  • radiographies ;
  • variations de tension ;
  • saignement ;
  • immobilité ;
  • risque thromboembolique ;
  • difficulté à s'alimenter ;
  • perte de poids ;
  • stress physique important.

Le problème n'est pas qu'un anesthésique standard serait systématiquement tératogène. Les recommandations indiquent qu'aucun agent anesthésique actuellement utilisé n'a démontré d'effet tératogène chez l'humain aux concentrations usuelles. Le report repose surtout sur l'absence de nécessité immédiate et sur le principe de ne pas imposer une intervention lourde évitable pendant la grossesse.

Que faire si je découvre ma grossesse avant l'opération ?

Prévenez immédiatement :

  • le chirurgien ;
  • l'anesthésiste ;
  • l'orthodontiste ;
  • le médecin ou la sage-femme qui suit la grossesse.

Ne cachez pas la grossesse pour éviter un report. L'équipe décidera :

  • d'annuler ou reporter l'intervention ;
  • d'adapter les examens ;
  • de suspendre certaines prescriptions ;
  • d'organiser la suite de l'orthodontie.

Que faire si je découvre ma grossesse après l'opération ?

Contactez rapidement :

  • votre médecin ;
  • votre sage-femme ou gynécologue ;
  • le chirurgien ;
  • le pharmacien si vous prenez encore des médicaments.

Préparez la liste exacte : des produits anesthésiques si disponible, des antalgiques, des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des antiémétiques, des dates et doses.

Une exposition ne signifie pas automatiquement qu'il existe un dommage. L'évaluation dépend du terme de la grossesse, des molécules et des doses. N'arrêtez pas brutalement un médicament indispensable sans avis.

Faut-il faire un test de grossesse avant l'opération ?

Les protocoles varient selon les établissements. Un test peut être proposé lorsqu'une grossesse est possible. Signalez :

  • un retard de règles ;
  • un rapport non protégé ;
  • une contraception oubliée ;
  • des cycles irréguliers ;
  • un projet de grossesse.

Peut-on essayer d'avoir un enfant juste après l'opération ?

Il est préférable d'en discuter avant la chirurgie. Les premières semaines peuvent comporter :

  • une alimentation réduite ;
  • une perte de poids ;
  • des médicaments ;
  • de la fatigue ;
  • une cicatrisation osseuse ;
  • des contrôles fréquents ;
  • des radiographies ;
  • une difficulté à gérer une grossesse débutante.

Il n'existe pas de délai universel scientifiquement validé pour débuter une grossesse après chirurgie orthognathique. La décision dépend de la récupération, de l'état nutritionnel, des médicaments, des complications, du projet orthodontique et de l'avis du chirurgien et du médecin suivant la grossesse.

La chirurgie peut-elle perturber les règles ?

Oui, temporairement. Un retard ou une modification du cycle peut être favorisé par :

  • le stress chirurgical ;
  • la perte de poids ;
  • la réduction des apports ;
  • le manque de sommeil ;
  • les médicaments ;
  • le changement de rythme ;
  • l'arrêt ou la modification d'une contraception.

Une perturbation isolée ne signifie pas nécessairement un problème hormonal durable. Toute possibilité de grossesse doit néanmoins être vérifiée.

Peut-on être opérée pendant ses règles ?

Les règles ne contre-indiquent pas automatiquement la chirurgie. Prévenez l'équipe si :

  • les saignements sont très abondants ;
  • vous êtes anémiée ;
  • vous avez des malaises ;
  • vous prenez des traitements pour les douleurs ;
  • vous avez une pathologie de coagulation ;
  • vous souffrez d'endéométriose ou d'un autre trouble important.

Le confort et l'organisation pratique doivent aussi être anticipés.

La contraception doit-elle être signalée ?

Oui. Les contraceptions contenant des œstrogènes peuvent influencer le risque thromboembolique dans certaines situations. L'anesthésiste doit connaître :

  • le type de contraception ;
  • les facteurs de risque personnels ;
  • le tabagisme ;
  • les antécédents de thrombose ;
  • la durée d'immobilisation prévue.

N'arrêtez pas une contraception de votre propre initiative. Une interruption mal planifiée peut conduire à une grossesse non désirée.

Peut-on allaiter après une anesthésie générale ?

Dans la plupart des situations, l'allaitement peut reprendre dès que la mère est réveillée, orientée, suffisamment vigilante et capable de tenir et nourrir son enfant ou de tirer son lait de manière autonome.

Les recommandations de l'Association of Anaesthetists publiées en 2026 indiquent que les anesthésiques, sédatifs et antalgiques passent généralement dans le lait en très faibles quantités. Elles déconseillent l'expression et le rejet systématique du lait après anesthésie et utilisent la formule « sleep and keep » plutôt que « pump and dump » (source).

Cela ne signifie pas que tous les médicaments postopératoires sont interchangeables ou adaptés à tous les nourrissons.

Faut-il tirer et jeter son lait ?

Pas systématiquement. L'ancienne consigne consistant à jeter le lait pendant vingt-quatre heures après une anesthésie n'est généralement plus recommandée.

Il faut toutefois vérifier individuellement :

  • les antalgiques ;
  • les antibiotiques ;
  • les antiémétiques ;
  • les traitements répétés ;
  • l'âge du nourrisson ;
  • une prématurité ;
  • une maladie du bébé ;
  • la somnolence maternelle.

Quels antalgiques sont compatibles avec l'allaitement ?

La prescription doit être adaptée par le médecin et le pharmacien. Il faut notamment tenir compte de la molécule, de la dose, de la durée, de l'âge de l'enfant, d'une prématurité et des autres médicaments.

Certains opioïdes nécessitent davantage de prudence en raison du risque de somnolence ou de dépression respiratoire du nourrisson. Il ne faut pas utiliser une ancienne ordonnance ou un médicament appartenant à une autre personne.

Comment organiser l'allaitement pendant l'hospitalisation ?

Préparez avec l'équipe :

  • la possibilité de nourrir ou tirer le lait juste avant l'intervention ;
  • un tire-lait ;
  • des contenants identifiés ;
  • la conservation du lait ;
  • une personne pouvant nourrir le bébé ;
  • la fréquence habituelle des tétées ;
  • les médicaments compatibles ;
  • la gestion de la montée de lait.

Une séparation sans expression peut provoquer engorgement, douleur, baisse de production ou mastite.

Peut-on garder son bébé après l'anesthésie ?

Pas seule tant que vous êtes somnolente, faible ou sous traitement sédatif. Un autre adulte doit pouvoir porter le bébé, le changer, le coucher, surveiller les tétées et intervenir si vous vous endormez.

Il faut éviter de s'endormir avec le nourrisson dans une situation à risque après la prise d'un médicament sédatif.

Une grossesse est-elle possible avec des plaques et des vis ?

Oui. Les plaques en titane ne sont pas un moyen de contraception et n'empêchent pas une grossesse. Elles n'ont pas à être retirées uniquement parce qu'une grossesse est envisagée. Une plaque infectée ou douloureuse doit toutefois être évaluée.

La grossesse peut-elle faire bouger le résultat ?

La grossesse entraîne des changements hormonaux, pondéraux et tissulaires, mais elle ne provoque pas habituellement à elle seule le déplacement d'une mâchoire consolidée. Les gencives peuvent devenir plus sensibles ou inflammatoires. Le suivi dentaire et orthodontique reste important.

À retenir

  • Une chirurgie orthognathique élective est généralement reportée pendant la grossesse.
  • Une chirurgie médicalement indispensable ne doit pas être refusée uniquement en raison du terme.
  • Une grossesse possible doit être signalée avant l'anesthésie et les examens.
  • Un retard de règles postopératoire peut avoir plusieurs causes, mais une grossesse doit être exclue.
  • Les règles ne contre-indiquent pas automatiquement l'intervention.
  • La contraception et le risque de thrombose doivent être discutés avec l'anesthésiste.
  • L'allaitement peut généralement reprendre lorsque la mère est réveillée et autonome.
  • Jeter systématiquement son lait après anesthésie n'est plus recommandé.
  • Chaque traitement postopératoire doit néanmoins être vérifié.
  • Un adulte doit s'occuper du bébé tant que la mère reste somnolente ou faible.

Ce contenu fournit des informations générales. Toute grossesse, possibilité de grossesse ou situation d'allaitement doit être discutée avec le chirurgien, l'anesthésiste, le gynécologue, la sage-femme et le pharmacien.


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Références et recommandations

  1. American College of Obstetricians and Gynecologists, American Society of Anesthesiologists. ACOG Committee Opinion No. 775: Nonobstetric Surgery During Pregnancy. Obstetrics & Gynecology, 2019;133(4):e285-e286. PMID : 30913200. Vérifié par recherche croisée. Voir sur PubMed. Précision : publication d'origine confirmée (2019) ; la mention d'une réaffirmation en 2025 indiquée dans votre référentiel n'a pas pu être confirmée de manière indépendante avec les moyens de recherche disponibles — A VERIFIER auprès de l'ACOG.
  2. Mitchell J, Jones W, Morris S, Cohen M, Breckenridge F, Baruah-Young J, Fletcher G, Edwards S, White M, Wiles MD. Guidelines for anaesthesia and sedation for patients who are breastfeeding. Anaesthesia, 2026;81:685-701. DOI : 10.1111/anae.70128. Vérifié par recherche croisée (recommandations « sleep and keep » confirmées, avalisées par le Royal College of Anaesthetists et la British Association of Day Surgery). Voir la publication. PMID indiqué (41532178) non confirmé indépendamment ; référence identifiée et vérifiée via son DOI et l'éditeur (Association of Anaesthetists).